Les 7 tortues marines du monde
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Sur plus de 300 espèces de tortues, seules 7 vivent en mer
Six espèces dans une même famille : les cheloniidés
Sur les sept espèces de tortues marines, six appartiennent à la famille des cheloniidés. Cette famille a la caractéristique d’avoir une carapace sans carène couverte d’écailles et une ou deux griffes sur les nageoires. Seule la tortue luth fait partie de la famille des dermochélyidées, caractérisée par l’absence de corne et d’écaille sur sa carapace.
Des caractéristiques bien distinctes
La tortue luth : la plus massive
La tortue verte : couleur végétale
Chelonia mydas est la plus grande des cheloniidés. Son poids varie de 160 à 250 kg et sa taille de 80 à 130 cm. Au stade juvénile, la tortue verte est essentiellement carnivore et se nourrit de petits crustacés et poissons.
À l’âge adulte, elle devient végétarienne et se nourrit essentiellement de plantes marines. Elle doit d’ailleurs son nom à la couleur inhabituelle de sa chair, imputable à son régime alimentaire.
La tortue caouanne : une mâchoire efficace pour être carnivore
Caretta caretta mesure jusqu’à 120 cm pour 200 kg. Carnivore, elle mange des méduses, des petits poissons, des crabes et des crevettes. Un puissant muscle maxillaire lui permet de broyer les crustacés avant de les ingurgiter.
La tortue imbriquée : une beauté prisée
Eretmochelys imbricata pèse de 60 à 90 kg pour une taille de 60 à 120 cm. Omnivore, elle se nourrit d’éponges rendant sa peau toxique pour l’homme. Cette caractéristique lui a permis de rester loin des braconniers intéressés par la viande. Cependant, elle est traquée pour ses magnifiques écailles qui sont faciles à transformer en objets artisanaux comme des peignes ou des bijoux.
La tortue olivâtre : débarquement imminent
La tortue de Kemp : la plus rare
Lepidochelys kempii est la plus rare et la plus discrète. C’est également la plus petite : de 45 à 70 cm pour 30 à 50 kg. Elle pond principalement sur la plage mexicaine de Playa de Rancho Nuevo.
La tortue à dos plat
L’existence d’une huitième espèce reste controversée
Certains spécialistes parlent de huit espèces de tortues. Ce sujet reste controversé : Chelonia agassizii est parfois considérée comme une sous-espèce de la tortue verte Chelonia mydas.
Qu’il existe une espèce de plus ou pas, les menaces actuelles sur la biodiversité marine encouragent à s’émerveiller devant ces « sept tortues marines du monde » et à les protéger.
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S.O.S. Tortues
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Un jeu pour sensibiliser à la protection des tortues marines
Apprendre en famille à agir pour l’environnement
Chaque joueur choisit une espèce de tortue marine. Sa mission sera de la protéger contre vents afin qu’elle puisse se reproduire.
C’est le joueur qui a protégé le plus d’individus de son espèce qui remporte la partie.
Toutefois, pas de compétition, les joueurs s’entraident tous les dangers : surpêche, destruction des plages, pêche involontaire…
Ce jeu de plateau simple se joue à partir de six ans, avec deux à six joueurs. La durée d’une partie est d’environ 30 minutes.
Un jeu de plateau éco-conçu
Pour rester cohérents avec l’ambition du jeu, ses créateurs (Cédric Duwelz et Éléments Éditions) ont observé toutes les règles de l’éco-conception : dés en bois, papier issu de forêts gérées durablement et sachet en tissu.
Aucune pièce n’est en plastique afin de mieux respecter l’environnement. Toutes les illustrations sont originales et ont été réalisées par Olivier Fagnère.
Après une campagne de financement participatif fin 2016 sur la plateforme Ulule, le jeu est aujourd’hui édité pour le grand public et proposé au prix de 29,90 €.
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Nos partenariats Tortues marines
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Des relations permanentes avec la Polynésie française
Le 8 octobre 2015, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a été accueilli par M. Edouard Fritch, Président de la Polynésie française, pour échanger sur la préservation des océans. Lors de cette rencontre, S.A.S. le Prince Albert II, M. Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier Prince de Monaco et S.E. M. Bernard Fautrier, vice-président de la Fondation Prince Albert II ont signé un accord de partenariat avec l’association Te mana o te moana (l’esprit de l’océan) présidée par le Dr. Cécile Gaspar pour renforcer la protection des tortues marines en Polynésie.
L’action de Te mana o te moanA
L’association Te mana o te moana est très impliquée dans la sauvegarde des tortues marines.
Elle gère depuis 2005 un centre de soins des tortues marines situé à Moorea et, depuis 2011, l’observatoire des tortues marines de Polynésie française.
Vaste comme l’Europe, la Polynésie française et ses eaux territoriales jouent un rôle essentiel pour la biodiversité régionale et les tortues de l’océan Pacifique comme les tortues vertes et les tortues imbriquées.
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La mission TUBBATAHA
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Premiers balisages de tortues pour l'Institut océanographique aux Philippines
En 2016, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a profité d’une visite officielle en République des Philippines, invité par le Président Benigno S. Aquino III, pour se rendre au Parc naturel des récifs de Tubbataha, atoll corallien classé au patrimoine mondial de l’Humanité, au coeur de la mer de Sulu.
A cette occasion, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a équipé de balises Argos deux tortues. Nicolas Pilcher, membre du Marine Turtle Specialist Group de l’UICN et directeur du Marine Research Foundation en Malaisie ainsi qu’Angélique Songco, directrice du Parc naturel du récif de Tubbataha livrent quelques analyses.
Des balises Argos pour suivre l’odyssée des tortues
Les balises sont posées sur deux tortues : une tortue verte et une tortue imbriquée juvénile ; deux des sept espèces de tortues marines connues à ce jour.
Ces deux spécimens ont fait l’objet de beaucoup d’attentions et ont été suivis par l’Institut océanographique et ses partenaires scientifiques.
Grâce au géopositionnement émis par les balises Argos, il a été possible de retracer leur parcours.
Pourquoi le signal est-il parfois interrompu ?
Suivre les tortues grâce au balisage est parfois difficile et des interruptions du signal peuvent se produire.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène selon le Dr. Nicolas J. Pilcher : « Parfois, la tortue émerge mais aucun satellite n’est présent pour recevoir le signal ; cela arrive régulièrement. Le hasard fait que cela dure parfois sur une période assez longue. Une autre raison tient à la qualité du signal lui-même. Si la tortue ne reste pas assez longtemps en surface, le signal est trop court pour générer la localisation géographique.
L’antenne de la balise peut aussi être mise en cause sur le principe, notamment quand elle est recouverte de débris marins d’origine naturelle (plantes marines ou algues par exemple) ou anthropique, c’est-à-dire d’origine humaine (déchets plastiques ou autres) qui empêchent l’émission. »
Des informations précieuses sur leurs comportements
Au sein de l’aire protégée du Parc, les tortues évoluent de façon prévisible.
La tortue verte reste sur la partie supérieure du récif de l’îlot Sud, pour se nourrir de plantes marines.
La tortue imbriquée se comporte d’une autre manière et passe son temps sur la partie externe du récif de l’îlot Nord.
Pourquoi ? Pilcher explique que la jeune tortue imbriquée se déplace davantage afin de trouver sa nourriture composée de produits carnés, invertébrés et coraux mous. La tortue verte, grâce à son régime végétarien, évolue pour sa part sur un espace plus réduit.
Autre information, des plus intéressantes : la jeune tortue imbriquée semble effectuer des « excursions » en zones profondes puis des « incursions » dans le lagon, à très faible profondeur. Sans que celui puisse être étayé à ce stade, il est possible d’imaginer qu’elle évite ainsi quelques prédateurs.
Des témoignages de morsures de requins
Les touristes plongeurs, impliqués dans le programme de sciences participatives, ont observé des tortues imbriquées portant des marques de prédation.
Les requins tigres, connus pour se nourrir entre autres de tortues marines, sont très fréquemment vus dans la zone.
Les plongeurs ont également rencontré de nombreux requins baleines et des raies Manta. Ces géants des mers sont inoffensifs pour les tortues marines car ils se nourrissent de planctons, de petits poissons et de crustacés.
C’est une aubaine pour ces touristes plongeurs se retrouvant au cœur d’un site protégé, dont ils peuvent observer l’extraordinaire biodiversité.
Un record d’observations de tortues imbriquées
Angelique Songco et Retchie Pagliawa, de l’équipe de gestion du Parc naturel de Tubbataha informent que trois ans après la mise en place du programme Tubbataha Reef Watch, c’est en 2016 que les observations de tortues imbriquées ont été les plus nombreuses, notamment sur les sites de plongée de Black Rock et de Delsan Wreck, tous deux situés sur l’îlot Sud.
À partir de fin juin, cependant, la mousson du sud-ouest apporte pluie et vents violents. Elle empêche alors la visite du Parc de Tubbataha.
Durant cette période, la mer est très agitée, rendant la navigation et la plongée impossibles. Il faut attendre quelques semaines pour que les équipes du Parc et les « plongeurs touristes participatifs » puissent reprendre leurs investigations et avoir une chance d’observer de nouveau les deux tortues emblématiques.
Corail, coeur de l'océan
De cette expédition, un documentaire, Corail, cœur de l’océan, réalisé par Frédéric Lossignol et produit par Gédéon Production, ainsi qu’une exposition réalisée par David Doubilet ont vu le jour.
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Quelles tortues marines en Méditerranée ?
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6 tortues marines sont présentes en Méditerranée
La Méditerranée totalise 46 000 km de côtes et couvre 2,5 millions de km2 soit moins d’1 % de la surface totale des océans. Bien connue comme hotspot de la biodiversité mondiale, elle accueille six des sept espèces de tortues marines.
six espèces en Méditerranée
La tortue caouanne Caretta caretta est la plus commune, suivie par la tortue verte Chelonia mydas puis la tortue luth Dermochelys coriacea, connue pour être la plus grande tortue du monde.
Plus rares, la tortue de Kemp Lepidochelys kempii et la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata n’ont été observées que quelques fois en Méditerranée à ce jour.
En 2014, une tortue échouée a été formellement identifiée en Espagne. Il s’agit de la tortue olivâtre Lepidochelys olivacea.
Une répartition géographique inégale
On trouve les tortues caouannes, vertes et luth dans l’ensemble de la Méditerranée, mais leur répartition est inégale selon l’espèce et la période de l’année.
La caouanne occupe tout le bassin mais semble plus abondante en partie ouest, de la mer d’Alboran aux îles Baléares. On la retrouve également au large de la Libye, de l’Égypte et de la Turquie.
La tortue verte se concentre plus à l’est, dans le bassin levantin. Elle apparaît aussi en mer Adriatique et plus rarement dans la partie occidentale de la Méditerranée.
La tortue luth est observée en haute mer dans tout le bassin, avec une présence plus marquée en mer Tyrrhénienne, en mer Égée et autour du détroit de Sicile.
Seulement deux espèces se reproduisent en Méditerranée !
La tortue caouanne et la tortue verte sont les seules à se reproduire en Méditerranée, essentiellement dans la partie orientale. Pour la caouanne, les sites sont localisés en Grèce, Turquie, Libye, Tunisie, Chypre et dans le sud de l’Italie.
Ces dernières années, des pontes sont observées à l’ouest du bassin, le long des côtes espagnoles, en Catalogne, mais aussi en France, en Corse ou dans le Var !
En 2006, à Saint-Tropez, le nid d’une caouanne avait malheureusement été détruit par de fortes pluies. A Fréjus en 2016, quelques nouveaux nés avaient pu rejoindre la mer grâce à une surveillance étroite par les équipes du Réseau tortues marines de Méditerranée française (RTMMF).
A l’été 2020, ce sont deux nouveaux nids à Fréjus et à Saint-Aygulf, qui font la une de l’actualité, d’autant que plusieurs dizaines de bébés tortues sont nés !
qu'en disent les scientIfiques ?
Du point de vue scientifique, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur le « pourquoi » de ces pontes.
Les femelles sont-elles plus nombreuses à faire des nids dans cette zone, la plus au nord pour la ponte des caouannes ? La pression d’observation de la part des usagers de la mer est-elle plus grande ? Est-ce une conjonction de plusieurs phénomènes ?
Difficile à dire… Il semble assez clair cependant que la société civile est de plus en plus au fait de la présence des tortues et – espérons-le – plus concernée par le devenir de ces animaux patrimoniaux et fragiles.
Si les tortues viennent pondre sur nos plages, il nous revient de leur laisser un peu espace, de créer moins de dérangement la nuit et d’adapter les éclairages de plage qui peuvent dissuader les femelles et désorienter les juvéniles.
Les caouannes naissent parfois loin de nos côtes
Les analyses génétiques le prouvent : les caouannes observées en Méditerranée ne naissent pas toutes en Méditerranée !
A peu près la moitié d’entre elles verraient le jour dans l’océan Atlantique sur les côtes de Floride, Géorgie, Virginie ou au Cabo Verde. Elles naissent sur ces plages éloignées, puis pénètrent en Méditerranée via le détroit de Gibraltar pour se nourrir et, une fois adultes, retournent sur la plage de leur naissance en Atlantique pour y pondre à leur tour.
La situation des tortues vertes est différente. Toutes celles qui vivent en Méditerranée y sont nées. Leur population est donc génétiquement isolée, sans aucune connexion avec les autres populations de tortues vertes présentes ailleurs dans le monde.
Une présence récente en Méditerranée
Jusqu’à la fin de la dernière grande glaciation, il y a 12000 ans, les conditions climatiques trop froides régnant en Méditerranée ne permettaient pas aux tortues caouannes de s’installer ou de se nourrir, et encore moins de se reproduire.
L’incubation des œufs n’est possible que si une température de 25°C est maintenue durant un minimum de 60 jours. Ce n’est que lorsque les températures se stabilisèrent à des niveaux proches de la climatologie actuelle que les tortues caouannes de l’Atlantique, qui s’étaient maintenues dans des zones plus chaudes durant la glaciation, purent coloniser la Méditerranée.
Leur présence en Méditerranée est donc – relativement – récente.
Combien de tortues en Méditerranée ?
Difficile de répondre à cette question ! Il n’existe aucun moyen technologique permettant de comptabiliser en instantané toutes les tortues marines présentes sur un espace maritime aussi grand, d’autant que ces grands migrateurs évoluent sans cesse d’une zone à l’autre.
Connaître l’abondance des tortues est un axe prioritaire de la recherche scientifique visant la conservation des tortues marines en Méditerranée. C’est l’une des nombreuses conclusions du récent rapport de l’IUCN qui donne par ailleurs quelques estimations : il y aurait entre 1.2 et 2.4 millions de tortues caouannes en Méditerranée et les tortues vertes seraient entre 262 000 et 1 300 000 ; des fourchettes extrêmement larges dues à la difficulté des recensements.
Si compter les individus en mer est illusoire, il est possible en revanche de suivre le nombre de femelles venant pondre, plage par plage, année après année. Près de 2 000 caouannes viendraient ainsi pondre à terre, principalement dans le bassin levantin (Grèce, Turquie, Chypre et Libye).
Bonne nouvelle, les pontes sont de plus en plus nombreuses ! Sur une vingtaine de sites de références, la moyenne annuelle est passée de 3 693 nids par an avant 1999 à 4 667 après les années 2000, soit une augmentation de plus de 26 % ! Idem pour les tortues vertes. Sur 7 sites références à Chypre et en Turquie, la moyenne annuelle de nids est passée de 683 à 1 005 entre avant 1999 et après 2000, soit + 47 % !
Ces tendances très positives démontrent que les efforts de conservation payent et méritent d’être poursuivis et amplifiés.
QUE DIT L’UICN SUR LES TORTUES DE MEDITERRANEE ?
Ce nouveau rapport apporte un éclairage nouveau sur les sites clefs de nidification, d’alimentation et d’hibernation des tortues de Méditerranée.
Il propose aussi aux gestionnaires, aux responsables politiques et au grand public une série de recommandations et d’actions à l’échelle du bassin.
Parmi les priorités :
- Renforcer le suivi et la protection des zones de nidification
- Conserver les zones prioritaires d’alimentation et d’hibernation (par exemple au moyen d’Aires marines protégées) et préserver les couloirs migratoires saisonniers
- Réduire les prises accessoires en adaptant les techniques de pêche et en formant les pêcheurs aux bons gestes pour la remise à l’eau des spécimens capturés
- Lutter contre toutes les formes de pollutions
- Renforcer les réseaux de protection en impliquant activement chaque acteur de la société (professionnel de la mer, pêcheur, expert en conservation, chercheur, décideur politique ou simple citoyen)
- Améliorer le maillage des centres de sauvetage et de secours pour l’instant trop inégalement répartis et quasiment absents de la rive sud et est de la Méditerranée.
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Tortues marines, le livre
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Tortues marines, la grande odyssée : un ouvrage de référence
Robert Calcagno, directeur de l’Institut océanographique de Monaco, signe son dixième ouvrage sur le thème de l’océanographie : Tortues marines, la grande odyssée, publié aux éditions Glénat en 2017. Très documenté, il traite de l’évolution des populations des tortues marines depuis leur apparition jusqu’à nos jours, pointant l’attention du lecteur sur les changements environnementaux qui menacent, aujourd’hui, leur survie.
L’odyssée mystérieuse d’une espèce menacée
Robert Calcagno, l’affirme : « Il n’aura fallu qu’un demi-siècle à l’homme pour menacer l’existence des tortues marines ! » Symboles de sagesse et de longévité, parfois d’immortalité, les tortues marines ont fasciné de nombreuses civilisations.
Les sept espèces de tortues marines sont vulnérables ou menacées car elles subissent la plupart des pressions que l’homme exerce sur le milieu marin. Les tortues de mer pourraient s’éteindre à cause des modifications environnementales actuelles.
Apparues il y a 110 millions d’années, ces grandes migratrices gardent encore de nombreux mystères. Pour mieux comprendre leur cycle de vie, il est nécessaire de les étudier tout en préservant leurs habitats. Pour les sauvegarder, des solutions de protection à un niveau international doivent être envisagées.
Une vie de voyages
À la croisée des mondes de l’eau et de la terre, les tortues marines comptent parmi les animaux conservant encore une grande part de mystère.
Migrations, rites d’accouplement, mécanismes déclenchant les pontes… nous ignorons encore beaucoup de choses.
Grâce aux dernières technologies, la recherche scientifique s’applique à déceler les mystères qui règnent encore autour des tortues pour répondre à l’urgence d’assurer leur avenir.
Les tortues face à notre appétit
La pêche des tortues marines reste autorisée dans les eaux territoriales de 42 pays et 42 000 tortues sont encore capturées légalement chaque année.
La consommation de leur viande, de leurs œufs et l’utilisation de leur carapace sont les raisons majeures de la chute de leurs populations.
Les différentes mesures de protection prises ces dernières décennies restent peu appliquées. Le calvaire des tortues a commencé par la surexploitation mais s’intensifie avec l’emprise de l’homme sur l’océan et le littoral.
Cohabiter avec les tortues
Si nous voulons sauver les tortues marines, nous devons mieux les protéger.
À l’heure où les vacanciers du monde entier affluent sur les plages de sable fin, il va falloir réserver aux tortues une petite partie de cet éden.
Un sacré défi en perspective alors que l’aménagement touristique de ces littoraux est perçu comme un levier essentiel de développement économique.
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Rana
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L'ambassadrice des tortues marine
En 2014, Rana n’était encore qu’un bébé caouanne, une des sept espèces de tortues marines de la planète. Retrouvée échouée sur le port de Monaco, elle a pu être sauvée de justesse par l’équipe du Musée océanographique. Aujourd’hui, pleinement rétablie, Rana sillonne les océans. Devenue un symbole de la cause des tortues marines, son histoire a contribuée à inspirer la création d’un centre de soins pour les tortues au Musée océanographique de Monaco.
Le fabuleux destin de Rana la tortue
L’histoire commence le 9 avril 2014 : une jeune tortue caouanne est retrouvée en hypothermie dans le port de Monaco alors qu’elle est encore un bébé.
Affaiblie, déshydratée et proche de la mort, elle mesure à peine une dizaine de centimètres.
Elle est alors confiée aux équipes du Musée océanographique de Monaco qui la prennent en charge et lui prodiguent les soins nécessaires à sa survie.
Quatre années et 23 kg plus tard
Baptisée Rana, du nom de sa marraine, une jeune élève passionnée de biologie marine, la tortue reprend des forces au fil des ans et se développe dans les meilleures conditions.
En avril 2018, soit quatre ans après sa découverte dans le port de Monaco, Rana mesure 53 centimètres et pèse plus de 20 kg.
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Y a-t-il des baleines en Méditerranée ?
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MAMMIFÈRES OU BALEINES?
On recense une petite dizaine d’espèces de mammifères marins en Méditerranée. Des dauphins, bien entendu (commun, bleu et blanc, de Risso, Grand Dauphin), mais aussi des globicéphales noirs, des ziphius et quelques phoques moines.
Plus imposants, le cachalot et le rorqual commun sont également présents dans les eaux de la Grande Bleue. Mais au fait, lesquels d’entre eux sont des baleines ?
Des fanons ou des dents ?
Dans le langage courant, on a tendance à parler de « baleines » pour tous les grands cétacés. Or seuls les « cétacés à fanons » (mysticètes) sont réellement des baleines.
Le rorqual commun (jusqu’à 22 mètres et 70 tonnes) est le principal cétacé à fanons de Méditerranée.
Il y côtoie de nombreux « cétacés à dents » (odontocètes), dont le plus grand représentant est le cachalot (jusqu’à 18 mètres et 40 tonnes).
Malgré sa stature imposante, ce dernier n’est donc pas à proprement parler une baleine, et fait partie de la même famille que les orques, les dauphins, les globicéphales, les marsouins, etc.
UN GÉANT DES MERS
Le rorqual commun est le deuxième plus grand mammifère au monde, derrière la baleine bleue.
Même si l’on a encore du mal à évaluer avec précision sa population, on estime qu’un millier d’individus vivent dans la zone protégée du Sanctuaire Pelagos, dont l’objet est la protection des mammifères marins en Méditerranée occidentale, entre France et Italie.
Le rorqual commun se nourrit principalement de krill, petites crevettes qu’il piège dans ses fanons en grande quantité. Il est capable de plonger au-delà de 1 000 mètres de profondeur.
DES RISQUES DE COLLISION
Dans le périmètre du Sanctuaire Pelagos, on observe chaque année la naissance de nourrissons de petite taille (environ 6 mètres et 2 tonnes) à l’automne.
Ils peuvent vivre jusqu’à 80 ans, si leur trajectoire ne rencontre pas celle des navires rapides fréquents en été et qu’ils semblent ne pas être en mesure d’éviter lorsqu’ils respirent en surface.
Comme pour les cachalots, il s’agit actuellement du principal risque de mort accidentelle les concernant. D’où l’intérêt de techniques développées en partenariat avec certaines compagnies maritimes pour équiper les bateaux de détecteurs et prévenir les collisions avec ces grands mammifères.
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Recettes et idées pour cuisiner durable
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Poiscaille, le circuit court des produits de la mer
Poiscaille est un site de vente en ligne qui propose des « casiers de poissons et fruits de mer », sur le modèle des paniers de fruits et légumes vendus par des agriculteurs locaux.
Les produits sont pêchés par des pêcheurs locaux et acheminés vers des points relais une fois par semaine. Tous les pêcheurs sont présentés sur le site avec des éléments de traçabilité des poissons pêchés de manière durable (pêche à la ligne, provenance locale…).
Le site propose aussi quelques recettes autour des mulets, pieuvres et autres espèces méditerranéennes ou atlantiques.
LA CUISINE POUR FAIRE CONNAÎTRE DES ESPÈCES PEU CONSOMMÉES ?
De nombreux acteurs de la filière halieutique se mobilisent pour sensibiliser à la consommation de produits durables. Cette sensibilisation passe par l’assiette avec l’édition de livrets de recettes divers et variés.
L’objectif est de valoriser les espèces peu communes de poissons ou de fruits de mer comme les coques ou les moules.
La palette des produits de la mer est beaucoup plus vaste que les habituels thons, saumons ou cabillaud ! Les consommateurs peuvent ainsi découvrir et apprendre à cuisiner de manière simple des espèces moins menacées.
CHANGEZ D'HABITUDES, CHANGEZ DE POISSON !
Pour détourner le consommateur de ses habitudes, il faut attirer son regard vers de nouveaux produits accessibles et faciles à trouver sur les étals.
Sensibiliser les consommateurs pour changer la demande, c’est l’intention du ministère du Développement durable qui, en 2015, a édité un livret de recettes faisant la part belle aux calmars, tacauds, coques…
L’objectif est de valoriser la consommation d’espèces peu consommées ou moins vulnérables car situées plus bas dans la chaîne alimentaire.
300 recettes simples pour cuisiner les produits de la mer
Avec Pavillon France, la filière des professionnels français de la pêche s’organise pour valoriser tous les produits issus de la pêche, même les moins connus. Ils proposent ainsi un catalogue de recette en ligne pour valoriser petits poissons et fruits de mer avec des espèces présentes aussi bien en Atlantique qu’en Méditerranée, dont les stocks sont moins fragiles.
Les Recettes durables du MSC
Le Marine Steward Council est un label certifiant plus de 300 pêcheries.
Ses actions se portent sur une gestion durable des pêcheries et un impact environnemental minime. Les produits portant le label bénéficient d’une traçabilité, de conditions de pêche durable et contribue à soutenir les pêcheurs locaux.
Le MSC publie sur son site des recettes originales d’amateurs et de chefs pour cuisiner crabe, plie ou harengs.
Cuisinez vos prises !
Amateurs ou professionnels, les « Pêcheurs Responsables pour une pêche durable » souhaitent valoriser des méthodes de pêches respectueuses de l’environnement.
Le collectif met en ligne des recettes pour cuisiner des espèces très peu présentes sur les étals de supermarchés. Orphie, maigre ou pétoncles sont par exemple méconnues et peu pêchées prisées par l’industrie agroalimentaire.
Mitonnez la mer, 30 recettes pour une pêche durable
« Les espèces de poissons, mollusques et crustacés les moins connues sont dignes de notre cuisine et de notre table. » C’est le message de cet ouvrage collectif réalisé des scientifiques d’Ifremer, un chef cuisinier et une artiste pour manger mieux, plus varié et en respectant la mer…
Ce livre de recettes vise à rendre chaque consommateur à-même de faire des choix plus éclairés et ainsi devenir lui aussi un protecteur des milieux marins.
Des enseignes qui s’engagent
Depuis 2016, enfin, certaines enseignes de grande distribution s’engagent dans des démarches plus raisonnées. Les rayons poissonnerie de l’enseigne Carrefour sont, par exemple, certifiés responsables par le système MSC pêche durable et ASC aquaculture responsable. Le groupe Casino soutient pour sa part une pêche durable du thon. Les deux enseignes proposent des produits certifiés MSC pêche durable.
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On ne pourra plus consommer de poissons en 2048 ?
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Une pêche sans limite, vers un effondrement des stocks ?
Selon une étude du WWF, si rien n’est fait pour contrecarrer le phénomène de la surpêche, d’ici 2048, tous les stocks de poissons pourraient s’effondrer. Un changement irréversible à moins de changer drastiquement l’exploitation que l’on fait de la faune océanique. Quelles seraient les conséquences de cette catastrophe écologique, mais aussi climatique, et comment cela se manifesterait dans notre quotidien ?
La disparition des poissons, ou en tout cas de certains poissons, n’est malheureusement pas le scénario d’un film catastrophe, mais une triste réalité ! La surpêche est un long processus qui s’est propagé à travers le monde. Le Prince Albert Ier de Monaco s’inquiétait déjà en 1921 des ravages des premiers chalutiers à vapeur le long des côtes européennes et craignait que des milliers de pêcheurs ne se retrouvent sans emploi. Le biologiste Daniel Pauly, l’un des plus grands spécialistes mondiaux des pêches, à qui nous avons d’ailleurs décerné en novembre 2016 la Grande Médaille Albert Ier, a montré comment la pêche s’est intensifiée à travers le monde au-delà du raisonnable.
À partir du milieu des années 1980, les quantités pêchées dans le monde se sont mises à décliner légèrement, alors même que l’effort de pêche continuait à croître rapidement. Nous appelons ce problème le « peak fish » : plus d’efforts et moins de poissons.
C’est un désastre écologique, mais aussi humain, car la pêche nourrit ou fait vivre des centaines de millions de personnes à travers le monde, et ce sont les plus fragiles qui pâtissent en premier de la raréfaction des poissons, tandis que, jusqu’ici, le phénomène est pour nous presque invisible : des espèces pêchées plus loin, plus profond, apparaissent sur les étals alors que les stocks facilement accessibles déclinent. Là où nous ne voyons qu’une petite augmentation des prix, c’est la survie de millions de personnes qui est en jeu. L’interaction entre océan et climat est un champ d’étude très dynamique. De nombreux travaux visent à quantifier la contribution des poissons au stockage durable du carbone au fond des mers. Inversement, le réchauffement global de la planète diminuera la productivité des eaux tropicales, dont dépendent les populations les plus vulnérables !
Comment les consommateurs pourraient éviter la catastrophe ?
Déjà aujourd’hui, beaucoup de restaurateurs font importer du poisson à travers les continents à cause des difficultés qu’ils ont à trouver des produits de qualité. Outre le désastre écologique que cela implique, est-ce un signe plus concret que la pénurie s’accroît déjà ?
Le poisson est depuis longtemps la principale denrée échangée au niveau international. En France comme en Europe, 70% des produits de la mer sont importés. C’est moins une question de qualité, qui reste très bonne pour les produits locaux, que de quantité : nous consommons toujours plus de produits de la mer, alors que la productivité de l’océan est naturellement limitée… Quand nous n’avons pas nous-mêmes poussé les stocks à l’effondrement.
Au niveau mondial, l’aquaculture a pris le relais d’une pêche en déclin et fournit à peu près autant que la pêche. Mais en Europe, elle reste très limitée à l’exception du saumon norvégien. Nous n’apprécions pas la vue des parcs à poissons le long de nos côtes, alors nous allons chercher ces derniers à l’autre bout du monde !
2048 est une date qui paraît encore lointaine dans l’imaginaire collectif. Comment pourrait-on faire pour sensibiliser plus efficacement à ce phénomène ?
Les scénarios catastrophes très brutaux ont l’avantage superficiel d’attirer l’attention, de marquer les esprits, mais je ne partage pas l’utilisation trop fréquente, et quelquefois caricaturale, de ce procédé.
Nous savons que le catastrophisme ne convainc pas et ne mobilise pas. Il faut passer aux solutions positives, ouvrir des portes, montrer le chemin. C’est pourquoi l’Institut océanographique explique les enjeux généraux de la pêche et oriente rapidement le public vers des conseils pratiques pour agir en consommant mieux.
Des labels existent pour identifier les produits à privilégier, car leur exploitation préserve la ressource et l’environnement. Nous sommes partenaires du WWF, du Marine Stewardship Council (label MSC) et de l’Aquaculture Stewardship Council (label ASC) pour la Semaine de la pêche responsable qui aura lieu fin février, et nous proposerons à cette occasion informations et conseils. D’une manière plus large, évitons les excès. Ce n’est pas propre au poisson qui, à dose modérée, est bon pour la santé et bon pour l’environnement. Le poisson pêché en mer ne consomme pas d’eau douce et émet très peu de CO2, contrairement aux élevages terrestres, bœuf en tête ! Sans forcément aller jusqu’au végétalisme, sachons modérer notre consommation de protéines. Mais puisque l’on parle d’engagement au quotidien, je tiens à souligner que tout n’est pas lié à la pêche.
Si nous voulons que la mer reste vivante et productive, il faut veiller à la qualité de l’eau, supprimer les rejets de déchets plastiques, de produits phytosanitaires qui génèrent des zones mortes…
CETTE SURPÊCHE TOUCHE-T-ELLE TOUTES LES ESPÈCES DE POISSONS ?
Déjà en 2013, 90% des thons rouges du Pacifique capturés étaient trop jeunes pour se reproduire. Quels sont les impacts de la disparition de ce type d’espèces pour la faune locale, notamment en termes de dérégulation de la chaîne alimentaire ? Avez-vous des exemples précis ?
C’est le problème de l’emballement de la pêche : au fil du temps, après avoir prélevé les plus gros spécimens des grandes espèces (thons, mais aussi espadons pour citer un problème urgent en Méditerranée), on s’est mis à pêcher le reste. C’est-à-dire d’autres espèces, parfois très lentes à se reproduire, comme les poissons des grands fonds ; des poissons plus jeunes alors qu’ils ne s’étaient même pas encore reproduits, ou alors que pour de nombreuses espèces, ce sont les poissons les plus âgés qui sont les plus féconds.
En mer, les interactions alimentaires sont plus compliquées que les chaînes terrestres. Par exemple, certains grands poissons mangent des méduses, qui à leur tour mangent les larves de ces mêmes poissons.
Quand l’homme déséquilibre l’océan, les méduses peuvent alors durablement dominer une région comme c’est par exemple le cas en Namibie.
Exergue // « Les principes d’une bonne gestion sont simples : des décisions politiques fermes, basées sur la connaissance scientifique, mais aussi crédibles car leur respect est contrôlé. »
Des experts préconisent de prendre des mesures importantes d’ici les deux prochaines années pour limiter ce phénomène. Est-ce seulement réalisable au niveau mondial dans un délai aussi court ? Quelles vont être les principales sources de difficulté ?
La puissance de pêche est telle qu’aujourd’hui, on ne peut plus se passer d’une vraie gestion des pêches qui soit sérieuse et respectée. Les poissons les plus prisés, comme les thons, étant généralement mobiles au-delà des frontières, c’est à l’échelle internationale que les choses se jouent. Tout peut aller très vite.
Le déclin du thon rouge de Méditerranée, au début des années 2000, était spectaculaire, sa gestion était une vraie parodie. S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, alerté par la communauté scientifique et le WWF, a lancé l’alarme au niveau politique et, en l’espace de deux ans, une vraie gestion s’est mise en place.
Les signes sont aujourd’hui encourageants car, jusqu’à un certain point, la nature est résiliente et peut retrouver l’équilibre. Les principes d’une bonne gestion sont simples : des décisions politiques fermes, basées sur la connaissance scientifique, mais aussi crédibles car leur respect est contrôlé. Tout ceci nécessite des moyens, scientifiques comme de contrôle, mais nous ne pouvons clairement plus nous en passer.
Pendant plusieurs siècles, l’océan a semblé inaltérable et inépuisable au regard d’une exploitation limitée. Cela a largement justifié une certaine liberté d’exploiter la mer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Contrôler pour mieux préserver les écosystèmes marins ?
Comment pourrait-on faire pour développer des moyens plus viables de pêche ? Qu’est-ce qui se fait déjà ?
Je parlais de la connaissance scientifique. Depuis quelques décennies, elle permet de déterminer des limites à la pêche. Ces fameux quotas, lorsqu’ils sont respectés, permettent aux stocks de se reconstituer, comme par exemple dans les eaux européennes de l’Atlantique.
Les quotas n’existent pas pour ennuyer les pêcheurs, mais bien pour protéger la ressource qui les fait vivre.
La prochaine étape est d’avoir une véritable approche écosystémique, qui intègre la pêche accessoire (à savoir la pêche d’animaux non directement ciblés) pour préserver l’écosystème dans son ensemble : adapter les techniques de pêche pour éviter de prendre des tortues ou des dauphins avec les thons, contrôler les quantités pêchées pour laisser suffisamment de poissons pour les oiseaux de mer… Tout cela peut sembler bien raffiné mais encore une fois, nous exerçons une telle pression sur la planète que nous ne pouvons plus rien laisser au hasard.
Pour réfléchir aux nouvelles formes de gestion durable de l’océan et de ses ressources, S.A.S. le Prince Albert II a lancé en 2010 la Monaco Blue Initiative. Cette plateforme réunit chaque année les plus grands experts internationaux pour échanger sur les différentes menaces et leurs interactions – de la surpêche à l’acidification des océans ou aux pollutions diverses – ainsi que sur les solutions techniques, juridiques et politiques pour y répondre, à travers, par exemple, la mise en place d’aires marines protégées, ou la pêche et l’aquaculture durables.
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Poissons et fruits de mer
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Faut-il modérer la consommation de poisson ?
L’élévation du niveau de vie a fait progresser la consommation de poisson deux fois plus vite que la population mondiale. La quantité de poissons prélevée surpasse nos besoins réels. Revoir notre modèle économique et social pour relâcher la pression sur la planète devient urgent.
Dans cette optique, il est conseillé de limiter la consommation des grands prédateurs comme le thon rouge, l’espadon ou le saumon, mais aussi les crevettes tropicales, tous généralement sur-pêchés dans le milieu naturel. Leur élevage pose par ailleurs de nombreux problèmes environnementaux (pollutions, maladies…).
Éviter les individus les plus petits pourra inciter les pêcheurs à ne prendre que les gros et ainsi permettre aux stocks de se renouveler. Dans tous les cas, quatre espèces sont à éviter en priorité car en voie d’extinction : espadon, requin, thon rouge, anguille.
Les petits poissons, la solution ?
Les « petits » poissons, situés en bas de la chaîne alimentaire, sont à privilégier : les sardines, les maquereaux ou les mulets sont en effet bien mieux directement dans l’assiette du consommateur que pour nourrir les élevages de poissons carnivores.
Les petits poissons contiennent moins de polluants, néfastes aussi pour l’homme, que leurs poissons prédateurs : les produits toxiques présents dans l’eau de mer s’accumulent en effet au fil de la pyramide alimentaire et se retrouvent plus concentrés au sommet, chez les grands prédateurs.
POURQUOI L'ÉLEVAGE EST-IL LUI AUSSI SOURCE DE POLLUTION ?
L’aquaculture n’est pas un mal, lorsqu’elle est encadrée. L’homme a développé l’élevage sur terre voici 10 000 ans.
Aujourd’hui, la limite atteinte (et dépassée) pour les pêches marines engendre le même besoin en matière d’aquaculture.
Il faut cependant éviter les dérives de l’élevage intensif et encadrer tant les conditions d’élevage que l’alimentation des poissons.
Il vaut mieux privilégier les poissons herbivores, ou accepter pour les carnivores une alimentation alternative aux farines de poissons, même si cela peut sembler moins naturel.
TRUCS ET ASTUCES POUR CONSOMMER RESPONSABLE ET DURABLE
Tant pour les poissons d’élevage que pour la pêche en mer, des labels permettent d’identifier les solutions les plus acceptables.
La « durabilité » de la pêche dépend de nombreux facteurs : espèces, mais aussi lieu, saison, technique de pêche… Face à cette complexité, les labels donnent des indications utiles. Pourtant, ils ne sont pas tous équivalents et il faut les connaître pour comprendre leur cadre et leurs limites.
Il est toujours souhaitable de privilégier une pêche ou une production locales. Cela permet de profiter du socle réglementaire français et européen et de donner un coup de pouce à l’emploi. La qualité de l’eau est essentielle et doit être protégée. Elle est touchée par des pollutions diverses provenant souvent de terre et des activités humaines.
Les plastiques et déchets divers, les produits phytosanitaires et les perturbateurs endocriniens sont des polluants qu’on retrouve dans le corps des poissons. Les activités humaines produisent aussi le CO2 qui acidifie l’océan, changeant durablement l’environnement marin.
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Des pôles menacés
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À l’heure où le réchauffement climatique et l’acidification des océans n’épargnent plus aucune région et où l’appétit pour les ressources naturelles s’aiguise, comment maintenir un des derniers trésors sauvages de la planète : l’océan Austral ? C’est la question qui a été mise à l’honneur durant une rencontre-débat à la Maison de l’Océan à Paris le jeudi 28 novembre 2013.
L’Institut océanographique plaide pour la défense de l’océan Austral
Les dernières négociations internationales montrent qu’un consensus international n’est pas aisé à mettre en place.
En 2013, la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) a, pour la troisième fois depuis 2012, manqué à son engagement d’instaurer des aires marines protégées dans l’océan Austral. Cependant, un grand nombre d’États restent déterminés à renforcer la protection des pôles. Quelques mois plus tard, l’Institut océanographique organise une rencontre-débat à la Maison de l’Océan à Paris pour contribuer à pallier ce manque.
Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique, estime ainsi « qu’il est temps aujourd’hui de retrouver cet élan, qui dépasse les appétits d’aujourd’hui pour ne pas voler aux générations futures l’un des derniers espaces sauvages de notre planète bleue ».
Des questions vitales défendues par des personnalités de premier plan
Est-ce la fin de cet océan resté parmi les espaces les plus sauvages de la planète, préservé des excès des hommes ?
Que devient le modèle de gestion exceptionnel qui a jusqu’à présent permis de maintenir l’équilibre entre pêche et préservation des écosystèmes ?
Ces questions ont fait l’objet de nombreux débats lors de cette rencontre organisée par l’Institut océanographique, avec la participation de personnalités de premier plan :
Michel Rocard, ancien Premier ministre et Ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Il a pu apporter son témoignage exceptionnel sur l’histoire et les perspectives de la CCAMLR et du Système du Traité de l’Antarctique.
Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique. Il a animé une table ronde rassemblant les trois experts français de l’océan Austral qui ont pris part aux dernières négociations :
• Philippe Koubbi, chercheur à l’Université Pierre et Marie Curie, Représentant français au comité scientifique de la CCAMLR,
• Olivier Guyonvarch, sous-directeur du droit de la mer, du droit fluvial et des pôles au ministère des Affaires étrangères
• Stéphanie Belna, chargée de mission environnement polaire et milieu marin au ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie
POURQUOI LA CRÉATION D'AMP EST ESSENTIELLE À LA SURVIE DES OCÉANS ?
La création de vastes aires marines protégées permet de mieux réguler la pêche et les autres activités, mais aussi de mieux suivre les effets des changements globaux en mettant quelques zones à l’abri de toute atteinte locale.
De nombreuses études ont mis en lumière les multiples avantages des AMP, et leur nécessité n’est plus à prouver. « Reprendre possession de notre patrimoine commun et relancer l’engagement international » sont deux actions essentielles à mettre en place rapidement, plaide Robert Calcagno dans une tribune exceptionnelle écrite à l’issue de cette rencontre.
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Quel avenir pour l’Antarctique ?
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La conférence « L’Antarctique aujourd’hui et demain » a eu lieu à Paris (France) le 29 juin 2017, accueillie par l’Institut océanographique de Monaco à la Maison de l’Océan. Ce rassemblement a été organisé à une date précise : à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Michel Rocard, grand défenseur des pôles. L’événement a rassemblé 250 participants de tous les horizons : gouvernements, société civile, associations… Ce colloque a été organisé dans un but précis : créer une nouvelle aire marine protégée en Antarctique.
L’Antarctique et l’océan Austral en pleine mutation ?
Durant la table ronde « L’Antarctique et l’océan Austral dans un environnement en mutation », Thomas Stocker, coprésident du Groupe de travail I du GIEC, a déclaré que 147 milliards de tonnes d’eau douce se perdaient chaque année en Antarctique.
Françoise Gaill, directrice scientifique, Ocean and Climate Platform, a également mentionné des changements brutaux en Antarctique, comme le déclin de la population des manchots empereurs en raison de la disparition de la couverture de glace.
Un enjeu majeur : créer une nouvelle aire marine protégée
Organisé par la Coalition pour l’Antarctique et l’Océan Austral (ASOC) avec le soutien financier de la Fondation Prince Albert II de Monaco, de Pew Charitable Trusts, et en partenariat avec l’Institut océanographique de Monaco, le colloque a accueilli environ 250 personnes à la Maison de Océan à Paris.
Robert Calcagno, directeur général de l’Institut, explique que la conférence vise à soutenir et à sensibiliser à la proposition de l’Australie, de la France et des partenaires de l’UE de créer une nouvelle AMP dans l’Antarctique Est.
Une table ronde intitulée « Les AMP, l’Antarctique et l’océan austral » a permis de discuter des nombreux avantages de la création d’une nouvelle AMP.
TRAITÉ DE L'ANTARCTIQUE : POURQUOI EST-CE UNE SUCCESS STORY ?
Le matin, après une cérémonie d’ouverture, s’est tenue la première table ronde intitulée « Enseignements tirés d’une expérience franco-australienne réussie, trente ans plus tard – De la Convention de Wellington au Protocole de Madrid ».
La réponse mondiale à la nécessité d’adopter un cadre international pour les activités menées dans l’Antarctique avait commencé par l’adoption du Traité de l’Antarctique, signé à Washington DC (États-Unis) le 1er décembre 1959.
L’objectif principal en était de s’assurer que « dans l’intérêt de l’ensemble de l’humanité, l’Antarctique continuera à être utilisé exclusivement à des fins pacifiques et qu’il ne deviendra pas la scène ou l’objet d’une discorde internationale ».
Le 4 octobre 1991, ce traité a été complété par le protocole de protection de l’environnement également appelé « protocole de Madrid ». Aujourd’hui, grâce à ces accords multilatéraux, l’Antarctique est un lieu de paix et de collaboration scientifique. Cette expérience démontre la possibilité d’une entente internationale sur des sujets aussi vitaux que la protection de l’environnement.
LA MER DE ROSS, OU COMMENT A ÉMERGÉ LA PLUS GRANDE AMP
En octobre 2016, après plusieurs années de discussions, les membres de la Commission pour la conservation des ressources vivantes marines de l’Antarctique (CCRVMA) ont accepté de désigner une zone de 1,55 million de km² d’Aire marine protégée en mer de Ross.
Cette AMP entrée en vigueur le 1er décembre 2017 limite entièrement certaines activités, afin de réaliser des objectifs de conservation spécifiques. L’AMP de la région de la mer de Ross est la seconde du genre à être adoptée, et la plus étendue à ce jour.
Via une vidéo, le Prince Albert II de Monaco s’en est félicité et a déclaré que la désignation de l’AMP de la mer de Ross était « incitative à aller plus loin ». Il a appuyé la création d’un réseau d’AMP en Antarctique, soulignant l’importance du soutien des partenaires de l’Union européenne.
Pour aller plus loin
La synthèse du colloque « Antarctique, aujourd’hui et demain », publiée par l’Institut International du Développement Durable le samedi 1er juillet 2017, est en ligne à cette adresse.
Find out the synthesis of the conference, published by the International Institute for Sustainable Developement at this adress.
La conférence, entièrement filmée, est également accessible sur le Youtube de l’Institut océanographique.
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Le poisson aussi est à consommer avec modération et discernement...
LA PÊCHE DANS LE MONDE
Source : FAO
RESSOURCES EXTERNES
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Les bénéfices des aires marines protégées
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Des bénéfices multiples
Les AMP sont des outils précieux pour répondre efficacement aux grands enjeux du développement durable et participer à la mise en œuvre d’accords internationaux majeurs, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, notamment l’Objectif 14 (Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable), l’Accord de Paris sur le climat, la Convention de Barcelone pour un réseau cohérent d’AMP en Méditerranée, l’Objectif 11 d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique.
Elles sauvegardent les espèces et les écosystèmes fragiles, procurent des ressources économiques et culturelles, protègent les côtes et aident à lutter contre les effets du changement climatique !
Elles concourent à la reproduction et à la survie des espèces, notamment patrimoniales ou menacées, en préservant les habitats critiques que sont les voies de migration, les refuges contre les prédateurs, les frayères et les zones de croissance. Elles contribuent efficacement à la conservation des grands animaux de la haute mer comme les raies mantas et des espèces qui se regroupent pour se reproduire.
Elles contribuent à la reconstitution des stocks des ressources marines vivantes et consolident les moyens de subsistance liés à la pêche, renforçant ainsi la sécurité alimentaire des communautés littorales.
Elles protègent les côtes. En protégeant les habitats, elles forment un rempart contre les impacts du changement climatique et, dans une certaine mesure, contre les catastrophes naturelles. Les mangroves atténuent ainsi les effets des tempêtes tropicales, tandis que les récifs coralliens préviennent l’érosion littorale.
Elles participent au stockage du carbone (on parle aussi de séquestration), en particulier quand elles abritent des écosystèmes côtiers à végétation, herbiers marins, mangroves, marais salants. Si elles étaient suffisamment développées, les AMP pourraient concourir à lutter plus efficacement contre le changement climatique, et pourraient fournir aux communautés côtières et insulaires d’importants débouchés économiques sur le marché de la compensation carbone. Une étude menée sur l’aire marine protégée du Banc d’Arguin, en Mauritanie, par les chercheurs de l’Université de Portsmouth en 2018 a montré que plus de 10 % du total des émissions de gaz à effet de serre du pays sont séquestrés par les écosystèmes marins du parc, un atout de poids pour atteindre la réduction de Gaz à Effet de Serre (GES) et respecter l’engagement pris dans le cadre des Accords de Paris. Les AMP, relativement à l’abri des activités anthropiques constituent de très bons observatoires des effets du changement climatique.
En plus de consolider les moyens d’existence des communautés, les AMP créent des emplois et de la valeur dans les secteurs du tourisme et du commerce. Chaque année, 2 millions de visiteurs viennent admirer la beauté des fonds marins de la Grande Barrière de corail en Australie, apportant à l’économie australienne près de 6 milliards de dollars et environ 70 000 emplois.
Elles possèdent une valeur culturelle inestimable, par les valeurs esthétique, artistique, éducative, récréative, scientifique et spirituelle qui leur sont associées.