un vaste programme pour les tortues marines

L’Institut océanographique souhaite apporter sa contribution à la sauvegarde des tortues marines. Dès 2015, il a pour cela entrepris un vaste programme d’actions. Son but ? Mieux connaître les tortues marines, contribuer à préserver leur habitat, sensibiliser le public et les décideurs à leur situation , faire évoluer notre relation à la mer ou encore les soigner.

Les tortues marines : baromètres de l’état de santé des océans

Depuis leur retour au milieu marin, il y a 155 millions d’années, les tortues ont été capables de s’adapter à des évolutions importantes du climat et des milieux marin et côtier. Aujourd’hui, l’homme leur impose des changements bien plus rapides. Contrairement à d’autres espèces comme les thons ou les requins, le déclin des populations de tortues n’est pas qu’une histoire de surexploitation.
Tiraillées entre deux milieux, marin et terrestre, elles subissent la plupart des pressions que l’homme exerce sur l’océan. Des côtes à la haute mer, elles doivent faire face à l’urbanisation, à la surpêche et aux prises accidentelles, aux collisions avec les bateaux, à la pollution ou encore à l’accumulation de plastique.

Première étape : sensibiliser pour protéger

Toutes ces menaces ont incité l’Institut à mettre en place dès 2015 un vaste programme en faveur de la protection des tortues marines. C’est bien connu, on protège ce que l’on aime. L’Institut s’engage ainsi sur le long terme pour sensibiliser le public : conférences internationales, livres, voyages d’étude, mobilisation de médias et création de documentaires, ouverture de nombreux partenariats comme à Tahiti, création d’un jeu de société « SOS Tortues » et organisation de sessions éducatives pour les enfants, notamment via le « Snapper Club ».

Des expéditions qui font avancer la science

Dans la grande tradition des expéditions impulsée par le Prince Albert Ier de Monaco et poursuivie notamment par le Commandant Cousteau, l’Institut océanographique de Monaco a conduit des campagnes consacrées aux tortues : en 2015 en Corse et en 2016 aux Philippines, dans le Parc national de Tubbataha Reefs.

En 2017, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a lancé la Principauté dans un programme dédié à la connaissance des océans et à la médiation. Ce programme vise à prendre, par exemple en s’impliquant aux côtés d’acteurs locaux, comme au Cabo Verde en 2017 sur un programme de sensibilisation ou par la pose de balises en 2018, en Martinique, pour mieux connaître le comportement et les migrations des tortues.

Les « protégées » du Musée océanographique

« Léon », « Lisa », « Hermance », « Igor », « Rana »… Chaque tortue reçoit un nom quand elle arrive au Musée océanographique. Elle y bénéficie de soins vétérinaires attentifs et, si nécessaire, d’actes médicaux : radiologie, chirurgie, réparation de la carapace… Ainsi soignées et nourries, les tortues marines, très résistantes, récupèrent vite. Leur retour en mer, souvent parrainé par une personne médiatique, est aussi l’occasion d’attirer l’attention des médias et des décideurs sur les dangers pesant sur la survie de ces animaux bien aimés du grand public et sur les enjeux de leur conservation en Méditerranée.

Rana : une tortue marine sauvée par le Musée

Rana est une tortue caouanne de Méditerranée. Elle a été trouvée en avril 2014, flottant en surface des eaux du port de Monaco. Amorphe et évoluant dans un milieu portuaire dangereux, elle a été recueillie par le Musée océanographique pour un bilan de santé. L’observation d’une petite caouanne (10 cm pour 125 g) dans les eaux de Méditerranée nord occidentale à cette époque de l’année est très rare et inhabituel. Un bilan vétérinaire complet a été réalisé sur la petite tortue, et un prélèvement de tissu envoyé au Laboratoire de biologie moléculaire de Montpellier pour déterminer son profil génétique : selon les résultats obtenus, Rana appartient à un profil commun à l’Atlantique nord-ouest, au Cap-Vert et à la Méditerranée. Sa petite taille indique qu’elle est probablement née en Méditerranée orientale. Des soins lui ont été prodigués de façon continue jusqu’à ce que sa taille lui permette de reprendre la mer.

Un ouvrage de référence sur les tortues marines

Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco, a rédigé un ouvrage de référence sur la situation des tortues marines à l’échelle de la planète : Tortues marines, la grande odyssée, publié aux éditions Glénat. Les tortues marines, ce sont seulement sept espèces au monde, toutes plus ou moins gravement menacées.
Leur odyssée reste mystérieuse, et leur cycle de vie garde ses zones d’ombre. Améliorer nos connaissances à leur sujet et préserver leurs habitats par des mesures fortes de protection à un niveau international sont les seuls moyens de sauver, pendant qu’il est encore temps, ces animaux fascinants.

Un centre de soins pour tortues marines inauguré en 2019 à Monaco

En 2019, quelques années après le sauvetage de la tortue Rana , un centre de soins pour tortues marines est inauguré à Monaco, dans l’enceinte du Musée océanographique. Le Centre monégasque de soins des espèces marines (CMSEM) permet notamment le renfort de la capacité de prise en charge des tortues en détresse et l’étude des espèces présentes en Méditerranée.

Les actions de l’Institut océanographique pour les tortues de mer

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