Les méduses

Les méduses appartiennent à l’embranchement des Cnidaires qui provient du grec Cnide qui signifie littéralement « qui pique », embranchement dans lequel on retrouve aussi les anémones de mer, les cérianthes et les coraux constructeurs de récifs, ainsi que les gorgones, les alcyons et le corail rouge des bijoutiers.

Qu'est-ce qu'une méduse ?

Organisée comme un parapluie, le corps d’une méduse se compose d’une ombrelle, qui laisse pendre, en son centre, le manubrium terminé par la bouche. L’ombrelle est bordée par des filaments, appelés tentacules.

Il existe une grande diversité de méduses, près d’un millier d’espèces qui vont de quelques millimètres (75 % des méduses sont invisibles à l’œil nu) à deux mètres de diamètre.

Les formes sont aussi très variées : ronde, carrée, plate, en dôme, massive ou aérienne… Leur pourtour peut être lisse ou lobé, leurs tentacules absents (comme chez les rhizostomes) ou très nombreux (jusqu’à 800 chez Cyanea).

Schéma de la morphologie d'une méduse © Caroline Pascal – Institut océanographique
Déclenchement d’un cnidocyte © Caroline Pascal – Institut océanographique.

Pourquoi
les méduses piquent ?

La principale caractéristique des Cnidaires, ce sont leurs cellules urticantes, appelés cnidocytes, présents sur les tentacules mais aussi parfois sur l’ensemble de la méduse.

Les méduses sont surtout connues du grand public par les tracas qu’elles causent aux baigneurs. Si les espèces présentes sur nos côtes sont à l’origine de nombreux désagréments, d’autres espèces, comme les cuboméduses tropicales peuvent être infiniment plus dangereuses, voire mortelles.

Le cnidocyte renferme une vacuole, poche remplie de venin dans lequel baigne un mini-harpon (filament creux en spirale et bardé d’épines), commandé par un minuscule cil, le cnidocil. Quand le cnidocil touche une proie, le mini-harpon est expulsé, inoculant son venin. 

Les cnidocytes sont perdus car ils restent accrochés à la proie, mais de nouvelles cellules sont régénérées en 24 heures. Ces cellules fabriquent elles-mêmes leur toxine et leur filament.

Que faire en cas de piqûres de méduse ?

© Caroline Pascal - Institut océanographique

UN CYCLE DE VIE ROBUSTE … JUSQU’Á L’IMMORTALITÉ

Malgré leur apparente fragilité, les méduses font preuve d’une robustesse remarquable, proche de l’immortalité. Leur originalité – et certainement leur plus grand atout – est d’avoir un cycle de vie adaptatif. Leur mode de reproduction (sexué et asexué) s’adapte aux conditions environnementales.

Ponte de Pelagia noctiluca © Claude Carré
Les activités humaines impactées par la présence des méduses dans le monde ces dernières années, de manière permanente ou accidentelle. © Caroline Pascal - Institut océanographique

La gélification des océans

La plupart des spécialistes s’accordent aujourd’hui à dire que l’océan se gélifie : les organismes gélatineux, au premier rang desquels les méduses, y prolifèrent de façon parfois spectaculaire, rompant avec les cycles anciens d’apparition et de disparition liés aux conditions climatiques.

L’impact des méduses est toutefois bien loin de s’arrêter au seul secteur des loisirs, et de nombreuses activités maritimes sont aujourd’hui pénalisées par leurs armadas sillonnant les mers : fermetures de plages, ruine de pêcheries, perte massive de poissons dans des fermes aquacoles, arrêt de centrales nucléaires. 

Des assauts spectaculaires qui font souvent la une des journaux.

DE L’ORIGINE DES SENS AU PRIX NOBEL

Malgré leur apparente simplicité, les méduses ont beaucoup à nous apprendre. Alors que le groupe des cnidaires s’est séparé des autres animaux voici plus de 600 millions d’années, les méduses possèdent des capteurs sensoriels, de lumière ou l’équilibre, étrangement proches des nôtres.

Pour s’orienter en pleine eau, sans repères, certaines espèces de méduses disposent de minuscules organes, les statocystes, véritables modèles réduits de l’organe de l’équilibration, situé dans l’oreille interne chez l’homme.

Chez les méduses le plus évoluées, les statocystes sont regroupés avec une fossette olfactive et des cellules visuelles dans un organe appelé rhopalie. On peut considérer que certaines méduses possèdent un prémice de ce qui deviendra le cerveau chez d’autres espèces.

Aurelia aurita : les petits points opaques au bord de l’ombrelle regroupent dans un organe appelé rhopalie, les organes sensoriels de la méduse © Michel Dagnino – Institut océanographique
La gorgone Méduse, détail de décoration d’un pont parisien © Tout droit réservé

LES MéDUSES DANS L’HISTOIRE
DES SCIENCES

Ce n’est pas un hasard si les méduses s’appellent ainsi. Carl Linné, le naturaliste suédois qui, au 18e siècle, a répertorié, nommé et classé de manière systématique l’essentiel des espèces vivantes connues à son époque, a reconnu dans ces animaux sphériques entourés de tentacules, la fameuse méduse du mythe grec à la chevelure de serpent qui pétrifie par son simple regard.

Retrouvez l’histoire de la connaissance des méduses depuis Aristote jusqu’à nos jours, en passant par la Révolution française qui a influencé le jeune naturaliste François Péron pour le choix des noms d’espèce.

Les Fiches de l'Institut Océanographique sur les méduses

Des fiches thématiques de vulgarisation réalisées pour vous par les meilleurs experts…

Les méduses en vidéos