De l’usage à l’utilité des méduses

La méduse, une ressource naturelle !

Utilisées pour hydrater les pieds de vignes il y a quelques siècles en Charente, les méduses sont aussi consommées depuis un millénaire par les populations asiatiques. Considérées traditionnellement comme bénéfiques pour la santé, elles ont la réputation de soigner l’arthrite, l’hypertension, les douleurs de dos et les ulcères, d’améliorer la digestion, de remédier à la fatigue, et même d’adoucir la peau.

CONSOMMER DES MEDUSES

Parmi une dizaine d’espèces comestibles, Rhopilema esculentum et Stomolophus meleagris font partie des plats populaires de Chine, même si aujourd’hui c’est au Japon qu’est consommée la moitié des méduses vendues dans le monde.

La méduse séchée est réhydratée par trempage dans l’eau pendant plusieurs heures, avant d’être coupée en lanière et mélangée en salade avec diverses sauces pimentées, légumes, poulet ou autres fruits de mer.

Seules quelques espèces sont comestibles, comme Rhopilema esculentum, dont le nom signifie succulente © Michel Dagnino – Institut océanographique
Le collagène est une protéine qui assure la cohésion, l’élasticité et la régénération des tissus. © Pixabay License

LE COLLAGèNE DES MéDUSES

Le collagène est une protéine essentielle pour la structuration des organismes, et la cicatrisation. 

La maladie de la vache folle a orienté la recherche de collagène vers d’autres animaux que les bovins. C’est ainsi qu’une équipe de recherche de l’Université de Lyon, dirigée par Suzanne Franck, a découvert chez les méduses un collagène très proche du collagène embryonnaire humain de type V.

Ce collagène sert de fausse peau pour les victimes de brûlures, de support de culture en cytologie et se révèle un soin antiride efficace en cosmétologie.

LES MÉDUSES, LA CLÉ DE COMPRÉHENSION De l'évolution

De nombreuses méduses s’enkystent quand leur environnement se dégrade.

Il y a une dédifférenciation des tissus, donc une régression, puis une réorganisation due à la présence de cellules souches capables de restructurer le corps de l’animal. Comprendre les mécanismes qui déclenchent l’évolution des cellules souches vers des catégories cellulaires fonctionnelles est là aussi une étape fondamentale.

Peut-être les méduses nous livreront-elles la clé de cette propriété qui se serait perdue au fil de l’évolution ?

Les méduses sont au cœur du processus évolutif animal : ébauche de cerveau, reproduction sexuée et différenciation des tissus… © Caroline Pascal – Institut océanographique
Deux souris exprimant une protéine fluorescente verte améliorée (eGFP) sous éclairage UV encadrant une souris ordinaire.© Moen I. et al /CC BY (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0

LES MéDUSES à l'origine
de 2 PRIX NOBEL

Le prix Nobel de médecine et de physiologie est attribué en 1913 à Charles Richet pour la découverte, avec Paul Portier, de l’anaphylaxie (forme sévère d’allergie qui touche tout l’organisme et peut conduire à la mort) causée par des physalies. 

L’étude de ces dernières a été menée lors des campagnes du Prince Albert Ier de Monaco, fondateur de l’Institut océanographique.

Le prix Nobel de chimie est décerné en 2008 à Osamu Shimomura, Martin Chalfie et Roger Tsien pour la découverte et les applications de la protéine fluorescente verte, découverte dans la méduse Aequorea victoria.

Cette protéine est utilisée dans la recherche médicale pour suivre l’évolution de tumeurs chez des souris ou des processus de croissance de nouveaux vaisseaux sur des animaux vivants. 

La protéine fluorescente verte est considérée comme le microscope du XXIe siècle.

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