LES REQUINS

« Requin » : le mot fait encore peur et reste populaire. On qualifie souvent de « requin » une personne impitoyable en affaires ! Pourtant, au-delà de l’image mythique du requin, la réalité est bien différente. 

Dans cette fiche scientifique, Bernard Séret, spécialiste du sujet, nous propose de mieux comprendre ces seigneurs des mers.

L’écologie des requins : une adaptabilité remarquable

Les requins existent dans toutes les mers du monde sauf celles au voisinage immédiat du continent Antarctique. Ils sont plus diversifiés et abondants dans les eaux chaudes des mers tropicales, mais ils existent aussi dans les mers tempérées, froides et même polaires, comme le requin du Groenland qui vit sous la banquise dans l’Arctique. Quelques espèces sont capables de vivre en eau douce, comme le requin du Gange, et le célèbre requin-bouledogue. Ils existent depuis la côte jusqu’aux profondeurs abyssales de 4 000 m.

Attaques de requins : aller au delà de nos croyances

Si la plupart des rencontres hommes/requins se terminent mal pour les requins, on déplore quelques dizaines d’attaques de requins sur l’homme, par an, dans le monde. On ne sait pas pourquoi les requins attaquent parfois des humains. On invoque souvent une méprise ou une réaction de défense. On peut aussi penser que, pour le requin, l’homme pourrait être perçu comme une proie potentielle, même s’il ne fait pas partie de son régime alimentaire habituel. Compte tenu des rapports de taille et de force entre un homme et un requin, une morsure, même si elle est le fait d’une méprise, peut être grave et même fatale pour la victime.

La protection et la conservation des requins : une urgence mondiale

Jadis on considérait qu’un bon requin était un requin mort ! Des recherches récentes ont mis en évidence le rôle écologique des requins dans les écosystèmes marins. Prédateurs placés au sommet des chaînes alimentaires, les requins régulent les populations de proies sur lesquelles ils se nourrissent.

La surexploitation de ces prédateurs supérieurs entraîne des effets en cascade dans les chaînes alimentaires ; effets qui sont néfastes à l’écosystème et à la pêche, car cela peut engendrer la pullulation d’espèces indésirables pour l’homme. Du fait de leur rôle régulateur, les requins sont de plus en plus intégrés dans les plans de gestion des pêches.

UN MILIEU FRAGILE, À PROTÉGER

Approcher ces espèces est un privilège rare, qui doit permettre de nous sensibiliser à leur extrême fragilité : chacune d’entre elles est menacée par les activités de l’homme, directement ou indirectement. De ce point de vue, le prédateur le plus menaçant n’est pas celui qu’on croit. Comprendre le rôle des requins dans l’équilibre des espèces doit permettre aussi de mieux les protéger.

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