Les fiches de l'institut
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Fidèle à ses missions, l’Institut océanographique met à disposition de ses publics, depuis 2011, des synthèses pour promouvoir la connaissance et la protection de l’Océan.
Ces fiches sont rédigées par des membres du Conseil scientifique de l’Institut mais également par certains des plus grands experts de l’océan. Elles vous sont proposées pour vous permettre de mieux comprendre ce qui se joue aujourd’hui en matière de fonctionnement de l’Océan, de biodiversité marine et de rapports Homme/Océan.
Elles sont classées par numéro d’ordre de publication et avec un code couleur en fonction du thème de la fiche et des sous-thématiques liées.
L'Homme et l'Océan
- Ressources marines
- Risque environnemental
- Pollution des océans
- Droit de la mer, droit maritime, conventions autour de la mer et organisations internationales
- Sciences participatives, médiation
- Innovations scientifiques et nouvelles technologies
- Art et science
Le fonctionnement de l'Océan
- Géosciences
- Chimie de l’eau de mer
- Biogéochimie
- Climat, interactions Océan/Atmosphère, dynamique océanique
La biodiversité marine
- Études sur la biodiversité
- La diversité biologique, apparition de la Vie
- Les menaces actuelles sur la biodiversité marine
- Protection de la biodiversité
Les expériences mettant en évidence les manifestations biologiques qui ont abouti à la découverte de l’anaphylaxie, c’est-à-dire le paroxysme des allergies, ont débuté sur le navire du prince Albert Ier de Monaco, la seconde Princesse-Alice. Retracer les étapes permet de confirmer qu’il s’agit bien d’une découverte océanographique.
Le peintre et explorateur autrichien Eugen von Ransonnet-Villez (1838-1926) a été le premier à utiliser l’art pour faire découvrir à ses contemporains le monde sous-marin de manière réaliste. Assis dans une cloche de plongée, il a réalisé des croquis de ce royaume alors presque inaccessible. Ses œuvres ont contribué à l’exploration scientifique du monde sous-marin et de ses habitants.
Le platine (Pt) est un élément technologique critique (TCE) et un contaminant émergent dans les compartiments environnementaux. En particulier, en zone côtière, il existe encore trop peu de données concernant ses concentrations, sa distribution et ses effets écotoxicologiques sur les organismes. Toutefois, l’évolution historique dans ces milieux montre une rapide augmentation des niveaux de Pt, motivant le besoin de renforcer la compréhension de ses cycles biogéochimiques.
Les plastiques subissent des processus de dégradation dans l’océan, entraînant la formation de microplastiques qui polluent 80 % de la surface des océans (de petites particules peuvent aussi y rentrer directement). Le risque écologique majeur est leur ingestion par les organismes marin et un possible transfert dans la chaîne alimentaire pouvant aboutir à l’Homme.
Une autre menace est qu’une partie des plastiques puisse disséminer des espèces invasives ou toxiques. Leur dépollution totale des océans est simplement impossible. Les solutions impliquent des mesures réglementaires, un changement des comportements de consommation, l’augmentation du recyclage, la promotion de l’économie circulaire.
Walter « Zarh » Howlison Pritchard (1866-1956) fut le premier peintre à revêtir un casque de plongée, à alourdir son chevalet avec du plomb et à réaliser des peintures à l’huile sous la surface de la mer.
Au début du XXe siècle, il s’oriente vers la peinture de scènes sous-marines, depuis les eaux chaudes de Tahiti, jusqu’aux mers glaciales de l’Écosse occidentale. Aujourd’hui, ses peintures prennent une allure poignante en tant que témoignages de milieux marins autrefois florissants.
Dispersées dans les décors du Musée océanographique de Monaco, les méduses rappellent que c’est par les récoltes de Pelagia noctiluca que le Prince Albert Ier de Monaco a commencé sa carrière d’océanographe. Puis, dans la faune bathypélagique, la couleur violet-pourpre des Atolla l’a intrigué. C’est ce qui peut justifier leur présence dans les décors du Musée.
Au moment où le Prince Albert Ier de Monaco entreprend ses campagnes en 1885, la polémique sur la fameuse zone azoïque en dessous de 500 m s’est tue. Et cela grâce à des observations que le Prince considère comme les temps forts de l’histoire de l’océanographie biologique, et dont il met en scène les animaux emblématiques dans les mosaïques de son Musée.
Certaines décorations dans les caissons latéraux du plafond de la salle de conférences du Musée océanographique de Monaco représentent des animaux marins sélectionnés parmi les illustrations de l’ouvrage Kunst-Formen der Natur publié en 1904 par Ernst Haeckel, professeur de zoologie à Iéna (Allemagne). Au centre de ce plafond, six tableaux sont des allégories des moments importants de la carrière du Prince Albert Ier de Monaco, le Prince Savant.
Un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien. Ils peuvent être d’origine naturelle ou anthropique. Ces composés vont finalement se retrouver dans tous les écosystèmes, et in fine en milieu marin. Leurs effets néfastes dans le milieu marin sont aujourd’hui bien établis : ces composés peuvent induire des troubles du développement et/ou de la reproduction chez les organismes exposés. Ils sont devenus une préoccupation mondiale et sont considérés comme l’une des menaces les plus sérieuses pour la biodiversité et la santé des écosystèmes.
Dès 1959, le Traité sur l’Antarctique, à durée indéfinie, réserve la région australe aux seules activités pacifiques et scientifiques. Un « gel » territorial a été retenu. Sont interdites les activités relatives aux ressources minérales autres que celles menées à des fins scientifiques. Le cadre juridique des activités humaines a été renforcé par l’adoption de nouvelles décisions adoptées par les États en matière de tourisme. Elles forment, avec les conventions entrées en vigueur, ce qu’on appelle le « Système du Traité sur l’Antarctique ». Les États veillent à ce que la coopération qu’ils ont réussi à établir en Antarctique puisse perdurer.
Longtemps considérés comme des corps gras servant de réserve énergétique, les lipides ont été reconnus comme constituants essentiels des membranes cellulaires, et diverses avancées leur confèrent désormais un statut de composés biochimiquement actifs dans la cellule. Certains lipides concourent au maintien d’une bonne santé et présentent un intérêt dans la prévention et le traitement de pathologies. L’extraordinaire diversité moléculaire des organismes marins, souvent sans équivalent terrestre, constitue la source la plus originale, la plus vaste et la plus prometteuse, de lipides biologiquement actifs.
Les calmars comprennent environ 290 espèces. Les plus grands invertébrés marins appartiennent à ce groupe. Ces mollusques ont fait l’objet d’une exploitation croissante par la pêche depuis la deuxième moitié du XXe siècle. La plupart des 40 espèces pêchées bouclent leur cycle biologique en un an. Leur survie dans le milieu naturel est mal connue car leur croissance rapide fait qu’ils ne sont pas longtemps capturables par le même type d’engin. L’approche classique, par modélisation afin de les répartir en quotas de pêche pour chaque flottille, en biologie des pêches n’est pas toujours transposable à ces mollusques.
Des vitraux sont situés dans la bibliothèque de la Maison des Océans, l’établissement parisien de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco. La peinture de ces vitraux a fait l’objet d’une étude de la technique de leur réalisation. Le thème reprend des illustrations tirées des planches illustrées du naturaliste allemand Ernst Haeckel.
La Maison des Océans à Paris, fondée par Albert Ier, Prince de Monaco, est décorée d’une verrière représentant dix-huit animaux marins, reproduits d’après les planches de l’ouvrage Kunstformen der Natur de Ernst Haeckel. La sélection semble avoir été dictée par les thèmes de prédilection du Prince : origine de la vie, sortie de l’eau vers le milieu terrestre, plans de symétrie, viviparité, protection des jeunes. Au début du XXe siècle, ces thèmes étaient encore des arguments pour étayer la théorie de l’évolution.
La démarche du Programme OceanoScientific, né en 2005, s’avère en harmonie avec la politique scientifique mondiale relative à l’étude du changement climatique. La Campagne OceanoScientific est composée d’une succession d’expéditions autour de l’Antarctique, sur un voilier spécialement étudié, équipé de capteurs d’une dizaine de paramètres. Ce voilier évolue à l’interface océan-atmosphère sans polluer son environnement, ni détourner le vent, ni fausser les relevés de température de l’eau de mer de surface. Il est également capable de se déplacer sur l’Océan, en autonomie énergétique totale. L’expédition inaugurale est partie de Monaco le 17 novembre 2016, menée par Yvan Griboval en solitaire.
DORIS est un site participatif émanant de la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins. Dès sa conception, il a eu également vocation à devenir un outil pédagogique, comme source d’informations et de photographies, au service des cadres de la FFESSM. L’idée d’un fichier illustré des espèces subaquatiques le plus exhaustif possible est née d’un constat : la grande majorité des guides faunistiques actuels présentent à 80 % les mêmes espèces. Il est souvent difficile de trouver une information aidant à la détermination d’une espèce moins fréquente et qui pourtant excite la curiosité !
Né en 1882 à Lamballe, Mathurin Méheut s’inscrit à 20 ans à l’École des arts décoratifs à Paris et à l’École normale d’enseignement du dessin. Il approche le milieu marin dès 1910. En 1913, il participe au premier salon des peintres animaliers et acquiert son titre de peintre animalier. L’art de Méheut s’est largement inspiré de la réalité du monde marin et de sa biodiversité. Artisan d’art et observateur naturaliste, Méheut a su joindre à la vérité scientifique une forme esthétique qui relève de l’harmonie.
Le monde vivant marin peut être considéré comme un gisement naturel riche en composés très variés, en molécules biologiquement actives, souvent sans équivalents terrestres. Les organismes marins vivent dans des conditions très différentes et peuvent parfois être exposés à des conditions extrêmes. Ils produisent une large variété de substances à activité spécifique, en particulier des lipides, sources majeures d’énergie métabolique et matériaux essentiels pour la formation des membranes cellulaires et tissulaires. Cette synthèse présente les principales classes de lipides marins, d’intérêt en nutrition et santé humaines, et leurs sources.
Le développement des pêches s’est traduit par un impact massif sur les ressources vivantes de la mer et une très forte diminution de l’abondance des espèces ciblées. L’enjeu est de limiter l’impact de la pêche sur les ressources et les écosystèmes. Il appartient aux décideurs politiques de choisir un objectif de gestion considéré comme désirable et durable.
L’évaluation des stocks est réalisée par des groupes d’experts, réunis chaque année à l’initiative des organisations internationales progressivement mises en place dans tous les océans du monde.
Deuxième ressource naturelle la plus consommée dans le monde, les granulats comprennent principalement sables et graviers. Ils se forment sur des échelles de temps géologiques. Les ressources exploitables de sables et granulats sont limitées et non renouvelables. La consommation mondiale de granulats est croissante et atteint des valeurs colossales. Les granulats siliceux sont essentiellement utilisés pour la construction, le rechargement des plages et la protection des côtes, la poldérisation, les routes et voies ferrées, le drainage. Les granulats calcaires sont utilisés pour l’amendement des terres agricoles.
Le thon rouge atlantique effectue d’importantes migrations entre les régions froides où il se nourrit et les régions plus chaudes dans lesquelles il se reproduit. Espèce très féconde, il peut vivre jusqu’à 40 ans. Dans le bassin méditerranéen, il est exploité depuis le Néolithique. Le thon rouge atlantique est exploité par plus d’une vingtaine de pays. L’essor du marché sashimi a abouti à une surexploitation. La Commission internationale pour la conservation des thonidés atlantiques a adopté en 2007 un plan de reconstitution du stock de thon rouge de l’Atlantique Est et de Méditerranée, qui a permis d’améliorer sa situation.
Les déchets marins sont définis comme toute matière solide persistante, qui est fabriquée ou transformée, et laissée ou abandonnée dans le milieu marin. Il s’agit d’un problème complexe, avec des conséquences importantes pour les environnements marin et côtier, et les activités humaines qui s’y déroulent. Ces déchets proviennent de nombreuses sources et génèrent un large éventail d’impacts environnementaux, économiques, sanitaires et socioculturels, ainsi que sur la sécurité en mer.
Les espèces invasives sont généralement connues pour proliférer et entrer en concurrence avec les espèces autochtones ou celles exploitées par l’homme. Leur éradication ou le contrôle de leur biomasse représentent des défis très coûteux et à long terme. Cependant, la biomasse de certaines espèces comme la grateloupe et la crépidule, disponible en grande quantité et renouvelable, pourrait présenter un grand intérêt économique et devenir un gisement à exploiter.
La contribution des zones côtières pour soutenir les écosystèmes permettant le développement de la plupart des sociétés humaines, qui y vivent, est importante. Depuis 1993, le programme Interactions Terre-Océan dans la Zone Côtière (LOICZ) a évolué depuis un projet basé à l’origine sur les flux biogéochimiques et qui inclut maintenant le défi de durabilité des systèmes socio-écologiques dans la zone côtière. Renommé projet Terre d’avenir – Côtes, il entre dans une nouvelle ère de recherche pour fournir des connaissances et un soutien pour les transformations en vue d’un monde durable.
Le premier récit de navigation est le célèbre périple d’Ulysse en Méditerranée, périple si merveilleusement raconté par Homère, il y a presque trois millénaires. Reconnu comme le premier chef-d’œuvre littéraire, l’Odyssée met en scène le héros mythique aux prises avec les vicissitudes d’un voyage en mer, qui, tout en ajoutant une note épique, en constituent surtout une extraordinaire description de la mer.
L’une des conséquences majeures du changement climatique est l’élévation du niveau des océans, causée principalement par la dilatation thermique des océans, la fonte des calottes polaires et des glaciers de montagne. Au cours des prochaines décennies, les scénarios climatiques indiquent que ce processus se poursuivra en s’accélérant.
L’élévation du niveau des océans représente une menace pour les zones côtières basses et densément peuplées, qui seront alors davantage exposées aux risques d’érosion, de submersion et d’intrusions salines dans les aquifères. Elle pose également la question du devenir des îles basses, et notamment celui des atolls.
Parfois au cours du printemps et de l’été, la mer se colore et se trouble. Certaines plages se couvrent de dépôts de mousses blanchâtres et nauséabondes, de poissons morts ou encore de dépôts d’algues vertes… Ces désagréments sont les divers symptômes d’un dysfonctionnement de l’écosystème côtier marin soumis aux apports croissants d’éléments nutritifs d’origine humaine : la mer souffre d’un excès de nutriments. Le phénomène est appelé eutrophisation anthropique ou culturelle.
La protection des zones côtières et marines est généralement destinée à des fins pratiques, bien que, généralement, la cible principale soit la protection de la biodiversité. L’utilisation durable des ressources marines nécessite que certaines zones soient conservées dans leur état naturel. Sauvegarder les habitats cruciaux pour la production de poissons, préserver les ressources génétiques, protéger des sites pittoresques et bénéficier du patrimoine naturel, tout cela nécessite une gestion de la protection, ainsi que des règlements et des lois appropriés. L’outil principal est l’établissement d’aires marines protégées, avec différents degrés de restrictions et de types de gestion.
Lors du tsunami du 11 mars 2011, des vagues de 15 m ont frappé la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, causant des dommages majeurs à l’ensemble du réseau électrique. Les barres de combustible non refroidies ont surchauffé, produisant de l’hydrogène gazeux. Des explosions d’hydrogène ont abouti à une fusion du combustible. De la radioactivité a été rejetée, provoquant une ample opération d’évacuation. Les rejets de liquide ont causé une contamination continue du milieu marin, et les courants océaniques ont charrié des radionucléides dans le bassin Pacifique. Les eaux souterraines contaminées près de la centrale nucléaire ont suscité de vives préoccupations.
Les Nations unies sont formées par un noyau central autour duquel gravitent des agences spécialisées et des organisations affiliées. La CNUDM est l’instrument juridique majeur pour aborder la gouvernance de l’océan. L’OMI traite les questions relatives au transport maritime. La FAO est l’autorité internationale compétente pour la définition de normes techniques concernant la pêche, le PNUE joue un rôle analogue pour ce qui est de la protection de l’environnement et de la coordination régionale des mers, et la COI de l’UNESCO se charge des questions relatives à l’océanographie et aux technologies maritimes. D’autres organisations de l’ONU s’intéressent aux océans.
L’environnement marin renferme la quasi-totalité des phylums vivants. Cet héritage d’une longue histoire évolutive fait du milieu marin un répertoire génomique gigantesque. À ce jour les ressources génétiques marines ne sont que partiellement couvertes par les conventions et protocoles existants. La recherche et le développement de biotechnologies marines sont essentiels, mais il est également nécessaire d’établir un cadre de gouvernance qui permette de rétablir une éthique, une équité et une cohérence dans leur exploitation. Dans la situation de dégradation accélérée des écosystèmes marins, cette solution dont dépend également notre capacité à les protéger est urgente.
Depuis le 14 avril 2006, les parcs naturels marins français visent à protéger la mer tout en promouvant le développement durable des usages maritimes locaux. Le premier parc naturel marin a été créé en 2007 en Iroise. Après une phase de concertation avec les acteurs locaux, tout parc naturel marin naît par un décret de création interministériel. Les parcs dépendent de l’Agence des aires marines protégées (maintenant intégrée dans l’Agence française pour la biodiversité), sous la tutelle du ministère en charge de l’écologie. Certains parcs et missions d’étude ont une identité transfrontalière par nature.
L’exploitation durable de l’océan nécessite de le comprendre avant de l’exploiter. Il est vital d’acquérir en des points bien choisis de l’océan mondial des données fiables, qui permettront d’identifier les changements liés à des phénomènes naturels ou bien ceux à relier aux activités humaines. Ce besoin de séries temporelles a nécessité de lancer le défi des observatoires sous-marins pluridisciplinaires. ESONET vise à préparer la mise en œuvre d’observatoires fond de mer sur 12 sites en Europe. L’étape suivante consiste à fédérer Ces observatoires sous-marins pluridisciplinaires et en construire de nouveaux ; c’est le rôle de EMSO.
Désormais, l’océanographie opérationnelle permet de savoir « l’océan qu’il a fait », « l’océan qu’il fait » et « l’océan qu’il fera » demain. Les avancées technologiques en matière d’observation satellitaire, de mesures en mer autonomes et de calcul scientifique, combinées au développement de modèles mathématiques complexes et de techniques d’assimilation ont donné naissance il y a une quinzaine d’années à cette nouvelle composante de l’océanographie. Les domaines d’application de l’océanographie opérationnelle répondent de façon naturelle aux grands enjeux climatiques, écologiques et socio-économiques.
En mer, les systèmes de communication chimique constituent un élément indispensable dans l’établissement des relations intra- et interspécifiques. De plus, la fonction vectrice de l’eau favorise les phénomènes de communication chimique. La biodiversité marine et la diversité chimique qui en découle mobilisent un nombre croissant d’équipes de recherche, et de grands groupes pharmaceutiques se penchent sur ce gisement de molécules. La persistance de formes chroniques ou aiguës de certaines maladies et l’émergence des phénomènes de résistance font que le besoin en médicaments de nouvelle génération est d’actualité. Les océans constituent une ressource encore peu exploitée.
La Commission des limites du plateau continental est l’une des trois organisations explicitement créées par la convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982. Les besoins qui ont mené à sa création sont liés à l’évolution du plateau continental en tant que concept juridique et à la nécessité de fixer les limites extérieures des États côtiers de cette zone maritime, en séparant les fonds marins et leurs sous-sols qui doivent être considérés comme relevant d’une juridiction nationale (plateau continental) de ceux qui sont situés au-delà de la juridiction nationale et sont par conséquent inclus dans la Zone.
Les proliférations de macroalgues près du rivage sont les cas d’eutrophisation marine les plus connus du grand public. L’eutrophisation peut se résumer à la production et l’accumulation, suite à un important enrichissement nutritif du milieu, d’une biomasse végétale excessive par rapport aux capacités de consommation biologique ou d’évacuation physique de l’écosystème. Ces proliférations sont largement répandues dans le monde. La stagnation de fortes biomasses algales conduit à leur mort et à leur dégradation bactérienne. Un risque sanitaire pouvant être mortel est créé par les dépôts d’algues pourrissant.
La qualification « d’organisme modèle » est réservée à quelques espèces utilisées par un grand nombre de chercheurs. Cependant, une pléiade d’organismes marins ont contribué à d’importantes découvertes. Leur importance initiale a diminué avec le temps au fur et à mesure de la montée en puissance de modèles de référence et de leur prépondérance croissante dans les programmes de recherche et d’enseignement. Développer des modèles dans toutes les branches de l’arbre du vivant est une nécessité dans la mesure où nous ne savons jamais si les connaissances établies sur les espèces modèles s’appliquent à tous les organismes.
La convention des Nations unies sur le droit de la mer divise l’océan en six grandes zones maritimes. Quatre de ces zones sont sous la juridiction de l’État côtier. Les deux autres correspondent aux zones maritimes au-delà des juridictions nationales : la haute mer et la zone des fonds marins au-delà du plateau continental, appelée « la Zone ». La Zone a le statut de patrimoine commun de l’humanité. L’Autorité internationale des fonds marins est une organisation internationale autonome grâce à laquelle les États‐parties à la CNUDM organisent et contrôlent les activités dans la Zone.
Les récifs coralliens sont des formations sous‐marines constituées d’un enchevêtrement de squelettes calcaires appartenant aux organismes qui les construisent. Les coraux constructeurs de récifs forment des colonies composées d’un grand nombre d’entités dénommées polypes. On distingue deux catégories de récifs coralliens : les récifs d’eau froide et les récifs tropicaux.
Les principales formes de récifs sont les frangeants, les barrières et les atolls.
Les proies sont l’unique nourriture des coraux d’eaux froides. En revanche, les coraux tropicaux hébergent des algues microscopiques à l’intérieur de leurs cellules digestives. Cette association aux bénéfices réciproques est une symbiose.
Sans cesse de nouvelles molécules chimiques sont synthétisées et sont autant de sources potentielles de nuisances pour l’environnement et notamment pour le milieu marin. Les déchets solides peuvent atteindre physiquement les organismes. Ils se dégradent lentement dans l’océan en particules de très petite taille qui, une fois ingérées, contribuent à la contamination chimique. Une menace plus insidieuse provient de l’exposition répétée à de faibles doses de polluants. L’action de ces polluants peut être immédiate ou ne se révéler que sur le long terme.
Le rôle de la médiation scientifique ne suppose pas seulement de vulgariser le savoir. Actuellement, le savoir seul ne suffit plus face aux problèmes complexes auxquels nos sociétés sont confrontées. Des changements de comportement sont indispensables à la préservation des océans. La médiation contemporaine développe une politique éducative plus dynamique, plus largement fondée sur la prise de conscience, le dialogue et l’action. Sa mission devient plus large, elle devient l’interface entre le monde scientifique, le public, la société civile, les décideurs politiques et économiques et les médias.
Lancé en 2000 par la Commission océanographique intergouvernementale et l’Organisation météorologique mondiale, le programme Argo a pour objectif de développer un réseau global de 3 000 flotteurs profilants autonomes mesurant en temps réel et tous les 10 jours la température et la salinité des 2 000 premiers mètres de l’océan. Argo est le premier réseau global en temps réel d’observation in-situ des océans. C’est une véritable révolution dans l’observation globale des océans. En quelques années, Argo est devenu la plus importante source de données pour les chercheurs s’intéressant à l’étude de l’océan et de son rôle sur le climat.
Dès l’Antiquité, les nuisances dues aux méduses ont incité Aristote à leur donner le nom de « cnide » (urticant en grec), et, en hommage, les savants ont créé le groupe des Cnidaires pour désigner l’ensemble des animaux possédant cette fonction : méduses, siphonophores, coraux, anémones de mer, gorgones…
In the 1970s, around 50% of the traditional fishing stocks in continental shelves were considered at their maximum sustainable level, or fully exploited. This led to the migration of the fleets to exploit deeper waters in the 1980s and 1990s. The use of intensive trawl technology in deep-sea fisheries was also found to be associated with incidental catch of benthic organisms and habitat disturbance. These fisheries lead to habitat degradation with effects on the local biodiversity and the biomass of the benthic species.
On prévoit 9 milliards d’humains en 2050 ! Jusqu’à présent la quasi-totalité des ressources énergétiques et minières dont l’humanité a eu besoin provenait de l’exploitation des terres émergées. Ces ressources ont été en grande partie épuisées. Si nous voulons conserver notre style de vie, notre seule alternative est d’aller voir ailleurs ! Le plus simple est d’aller rechercher l’énergie dont nous serons longtemps dépendants, ainsi que les métaux et terres rares, sous la surface des océans. Outre des défis technologiques et environnementaux, se pose également le problème d’une législation internationale adaptée.
La biologie moléculaire est une science récente. La découverte en 1969 d’une enzyme va permettre son développement exponentiel en permettant le clonage et le séquençage des gènes. 17 ans plus tard, la génomique constitue une révolution : elle a modifié notre vision de l’organisation du vivant, et montre également qu’un organisme constitue un écosystème à lui tout seul. La vie marine est beaucoup plus ancienne et plus variée que la vie terrestre. Par l’utilisation de séquences d’ADN, il est possible d’inventorier la biodiversité beaucoup plus facilement que par les méthodes classiques et de montrer que la biodiversité marine est largement sous-estimée.
Les pêcheries marines ont un impact direct sur les ressources qu’elles exploitent mais aussi des effets indirects sur les autres espèces. La gestion des ressources marines a longtemps été conduite stock par stock en négligeant la complexité des interactions au sein des écosystèmes marins. Les prises accessoires ou encore la destruction des habitats par les engins de pêches paraissent de plus en plus inconciliables avec une gestion durable des pêcheries. Une vision plus globale de la gestion des écosystèmes s’est récemment imposée avec l’approche écosystémique des pêches…
Tout comme la médecine, l’océanographie entre dans l’ère de la tomographie qui s’intéresse à la totalité tridimensionnelle de l’objet étudié et à son évolution temporelle. Cette révolution de l’océanographie repose sur des robots sous-marins autonomes, dont les mesures sont couplées à celles de plates-formes classiques, mobiles et fixes, et à celles des satellites d’observation de l’océan. Ce couplage donne lieu à des réseaux d’observation intégrés.