Et l'aquaculture du thon rouge ?

Oeufs de thons rouges
Œufs de thon rouge embryonnés (© Fernando de la Bandara - IEO)
Larves de thons rouges
Œufs de thon rouge embryonnés (© Fernando de la Bandara - IEO)

Une activité qui créée polémique

Contrairement à de nombreuses espèces marines (saumon, bar, daurade), l’aquaculture des grands thons n’est pas parfaitement maitrisée et continue à faire l’objet d’expérimentations poussées dans plusieurs pays (Australie, Japon, Europe) afin de mener le cycle complet de l’élevage sur plusieurs générations, en vue de s’affranchir des captures en mer et de maximiser les profits. Les partisans de l’aquaculture des grands thons estiment que l’élevage permettra de réduire la pression sur les stocks sauvages. Les organisations de défense de l’environnement pensent que le problème sera juste déplacé, la pression de pêche se reportant sur les « poissons fourrages  » situés à la base de la chaîne alimentaire, risquant ainsi de perturber l’ensemble des écosystèmes marins.

L'engraissement des thons

L’élevage du thon rouge repose quasi exclusivement sur « l’embouche », une technique consistant à capturer de jeunes thons dans le milieu naturel et à les faire grossir dans de grandes enceintes d’élevage, jusqu’à la taille commerciale. Nourris de poissons « fourrages » (10 kg de sardines ou de maquereaux produiront 1 kg de thon), les poissons engraissent rapidement avant d’être abattus et exportés vers les pays consommateurs, essentiellement le Japon, loin de l’endroit où ils sont produits, participant à l’émission de gaz à effet de serre. L’activité est controversée ; pour les défenseurs de la pêche durable, elle décime les futurs reproducteurs et manque de transparence.

Telle qu’on la pratique aujourd’hui, l’aquaculture du thon rouge semble loin d’être durable car elle pose, entre-autres, le problème de la gestion des ressources marines, des impacts écologiques et de l’émission des gaz à effet de serre.

Route Ifremer
Cage flottante, contenant des thons rouges vivants capturés en Méditerranée par une senne tournante, en route vers une ferme d’engraissement (© J.M. Fromentin/Ifremer)

Le coin des

Trois espèces à haute valeur marchande sont engraissées dans les sites d’embouche : le Thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), le Thon bleu du Pacifique (Thunnus orientalis) et le Thon rouge du sud (Thunnus maccoyii). Plus de 50 fermes, localisées en Australie, au Mexique, au Japon et en Méditerranée ont produit au total 36 350 tonnes en 2014, dont 14 500 tonnes de thon rouge de l’Atlantique, essentiellement en Italie, Espagne, Croatie, Malte, et Turquie.

L’immense majorité des thons rouges pêchés en Méditerranée par la pêche industrielle est destinée à l’activité d’embouche qui sert à alimenter le marché japonais.

Elevage Thon Malte
Une cage d’embouche du thon rouge à Malte (© François Simard)