Ocean for climate, parution d’une tribune dans le Journal du dimanche

25 octobre 2021

Images de l’océan Arctique. (photo d’illustration) (AFP)

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Et si un océan en bonne santé était notre meilleur allié pour lutter contre le changement climatique ?

Les dernières conclusions du GIEC nous indiquent que les voyants sont au rouge : la communauté internationale peine à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, l’océan et ses écosystèmes sont en péril et les populations les plus vulnérables subissent déjà de plein fouet les conséquences du changement climatique. Bien que les perspectives soient peu réjouissantes, la COP26 (1-12 novembre, Glasgow), plus important rendez-vous sur le climat depuis la COP21, approche à grands pas.

Une COP qui pourrait changer la donne, à condition que l’ambition politique soit à la hauteur de l’urgence. Face au défi climatique, un océan sain et productif est un atout essentiel pour parvenir à un futur neutre en carbone, et résilient pour la nature et les Hommes.

C’est la position qu’ont adopté les Champions de haut niveau pour le climat et la communauté océan, en signant la déclaration « Un océan pour le climat » : un appel pour que les gouvernements et les acteurs non étatiques accélèrent le déploiement de solutions climatiques issues de l’océan.

Imaginons : en 2050, nous sommes parvenus à réduire nos émissions de CO2 et à limiter le réchauffement en dessous de 1,5 °C grâce au développement de solutions climatiques issues de l’océan Les efforts continus déployés pour protéger et restaurer les écosystèmes de carbone bleu (forêts de mangroves, prairies d’herbes marines et marais salés) ont préservé leur faculté d’absorption du CO₂. Les industries maritimes ont opéré une profonde transformation : le secteur du transport a réussi sa transition vers la décarbonation, la filière de la pêche a adopté des pratiques durables et résilientes et les énergéticiens exploitent enfin le potentiel énergétique de l’océan.

Nous avons atteint l’objectif « zéro émissions nettes » et atténué le réchauffement de l’océan et les phénomènes qui y sont liés. Le développement d’une économie bleue durable et équitable a contribué à la croissance de l’emploi, ainsi qu’à la sécurité alimentaire et énergétique mondiale. Imaginons : en 2050, l’exploitation raisonnée et la protection des ressources marines vont de pair grâce à une gestion intégrée de l’océan La santé des écosystèmes marins a été restaurée grâce à la gestion durable de 100% de l’océan et à la protection d’un tiers de sa surface.

Des actions de conservation efficaces ont permis de maintenir le rôle des écosystèmes côtiers dans la réduction de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes, assurant la sécurité de nombreuses communautés humaines. Imaginons : en 2050, un système de financement juste et équitable a soutenu la protection et la restauration d’écosystèmes vitaux et participé à la résilience des populations les plus vulnérables Les stratégies financières et les cadres réglementaires ont été repensés pour soutenir les investissements dans la protection des écosystèmes marins et côtiers. Les flux financiers ont été réorientés pour financer le développement de solutions climatiques issues de l’océan.

La science bénéficie d’un soutien financier croissant lui permettant d’informer et d’orienter des investissements plus durables et innovants. Nous sommes parvenus à une transition équitable et à une justice climatique pour tous, en garantissant les droits des populations les plus vulnérables, notamment les habitants des petits États insulaires en développement (PEID) et des pays les moins avancés (PMA).

Les impacts du changement climatique et les bénéfices d’un océan bien géré sont partagés de manière équitable et juste. Nous sommes en 2050. Alors que tout semblait perdu d’avance, la communauté internationale a choisi de faire de l’océan son meilleur allié. C’est ce scénario que la communauté océan et les Champions du climat veulent voir à l’œuvre pour la COP26, en embarquant l’ensemble des acteurs : pour le bien de l’océan, du climat et de nous tous qui en dépendons tant.

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