LUMexplore

Le festival du Film d’Exploration Scientifique et Environnementale

Lumexplore est le festival du Film d’Exploration Scientifique et Environnementale organisé chaque année depuis 2016 pour la Société des Explorateurs Français à La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône.

L’Institut océanographique, Fondation Albert Ier Prince de Monaco est partenaire du Festival et accueille la remise des prix à la Maison des Océans, à Paris.

Ce festival met en compétition et par catégories des films d’exploration scientifique ou environnementale et des livres mais aussi des conférences, des signatures de livres et plusieurs expositions.

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Prise de conscience...

Ce festival a pour but d’inciter à la prise de conscience que le monde est un vaste champs de recherche, sous terre, dans les océans, dans l’espace, d’encourager et sensibiliser les jeunes générations à la protection de l’environnement.

Il s’agit également de faire découvrir au grand public les innovations scientifiques et technologiques : nouvelles approches de fouilles archéologiques, nouvelles technologies pour filmer, découvertes sur l’homme et la planète…

Et aussi de promouvoir l’utilisation de ces nouvelles technologies avec des méthodes non invasives dans le respect des différentes Cultures.

Lumexplore juniors

En partenariat avec Ifremer et la Société des Explorateurs Français, Lumexplore co-organise Lumexplore Junior, ouvert aux classes et adolescents qui peuvent proposer un court métrage conçu comme le ferait un chercheur scientifique ou un grand explorateur, sur des thématiques liées à l’environnement, aux changements climatiques et à l’évolution de la faune et de la flore.

Cette année, l’Institut océanographique félicite la classe de Terminale S de l’Institution privée François d’Assise-Nicolas Barré à Monaco qui a gagné le concours « Lumexplore Junior 2019 ». Ils ont reçu leur prix en présence de Claudie Haigneré, Nicolas Hulot et Jean-Louis Etienne. Ce prix a été décerné aux élèves pour la qualité du film qu’ils ont entièrement réalisé « L’herbier de Posidonia oceanica ».

Remise des prix à paris

Chaque année la Maison des Océans accueille, à Paris, une soirée de restitution en présence d’invités prestigieux pour partager les meilleurs moments du Festival Lumexplore en présence des lauréats.

Les grands noms de la Société des Explorateurs Français

Nous avons le grand privilège d’avoir au sein de la Société des Explorateurs Français de nombreuses personnalités, dont certaines sont connues du grand public comme Nicolas HULOT, parrain de LUMEXPLORE, l’animateur de télévision et réalisateur Antoine de MAXIMY présent chaque année, Jean-Louis ETIENNE, explorateur arctique, Bertrand PICCARD, à l’origine du projet Solar Impulse, Patrick DEIXONNE, chef de projet du 7e Continent, Patrice FRANCESCHI, capitaine de la Boudeuse, Yves COPPENS, paléontologue qui a découvert “Lucie”, Claudie et Jean-Pierre HAIGNERÉ, astronautes qui ont séjourné plusieurs mois dans l’espace, Alain TIXIER, grand réalisateur des Carnets de l’Aventure et d’Ushuaïa, Olivier WEBER, grand reporter, réalisateur, et bien d’autres encore dont Robert CALCAGNO, directeur général de l’Institut océanographique ! 

RAPPORT SPECIAL DU GIEC

Rapport spécial sur l'océan et la cryosphère dans un contexte de changement climatique

GIEC : 51e session en Principauté de monaco

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a tenu sa 51e session en Principauté de Monaco du 20 au 23 septembre 2019 durant laquelle il a examiné le Rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans un contexte de changement climatique (SROCC).

Pour le GIEC, « L’Humanité dépend directement ou indirectement de l’Océan et de la Cryosphère. L’Océan couvre 71% de la surface terrestre et représente 97% de l’eau sur Terre. »
La « Cryosphère » représente quant à elle toutes les composantes du système terrestre qui sont gelées, sur la terre et sous la terre, à la surface de l’Océan ou sous la surface de l’Océan. Cela inclut les couvertures neigeuses, les glaciers, les calottes polaires, les glaces flottantes (la banquise), les icebergs, la glace de mer, la glace des lacs d’eau douce, des fleuves et des rivières, le sol gelé en permanence, appelé « pergélisol » en français et « permafrost » en anglais), et le sol qui est gelé de manière saisonnière.

Retrouvez c-dessous la rediffusion de la conférence.

 

VOIR LE DIRECT - MERCREDI 25 SEPTEMBRE A 11h CEST

25 septembre 2019 : les résultats

Le rapport a été rendu public lors d’une conférence de presse au Musée océanographique de Monaco. 

LE GIEC en quelques mots

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC, ou IPCC en anglais) est un organisme intergouvernemental spécialisé sur l’étude des sciences liées au changement climatique. Établi en 1998 par l’Organisation des Nations Unies, son but est de fournir aux décideurs politiques des évaluations régulières de l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique. 

• Océan & cryosphère dans un climat en évolution (Septembre 2019) : Voir le Rapport (ou cliquer sur le bouton ci-dessous vers le site du GIEC pour accéder à toutes les ressources en ligne)

Le rapport d’évaluation principal du GIEC sort tous les six ans et est rythmé par des rapports spéciaux plus spécifiques. Trois rapports spéciaux ont été publiés au cours de ce sixième cycle d’évaluation :
• Réchauffement climatique à 1,5°C (2018) : https://www.ipcc.ch/sr15/ 
• Changement climatique et utilisation des sols (Aout 2019) : https://www.ipcc.ch/report/srccl/

Les évaluations du GIEC sont écrites par des centaines de scientifiques internationaux, reconnus pour leur expertise, avant d’être soumises aux gouvernements des 195 pays membres. Le GIEC ne conduit pas ses propres recherches scientifiques mais s’appuie sur des publications existantes.

 

Les principaux défis auxquels nos sociétés humaines sont aujourd'hui confrontées sont aussi liées au changement climatique [...] : les effets systémiques de ces phénomènes n'épargnent aucune région de la planète et sont autant de facteurs de bouleversements environnementaux qui exacerbent les déséquilibres de nos Océans."

S.A.S. le Prince Albert II de Monaco

La Fondation Prince Albert II de Monaco (FPA2) agit dans trois domaines d’actions prioritaires : 

  • Limiter les effets des changements climatiques et promouvoir les énergies renouvelables
  • Préserver la biodiversité
  • Gérer les ressources en eau et lutter contre la désertification

Retrouvez l'ensemble des projets de la FPA2 liés au changement climatique

plateforme Océan et Climat

Née en 2014, la Plateforme Océan et Climat (POC) est une coalition de scientifiques de différentes disciplines (chercheurs, ONG, aquariums, institutions françaises et internationales…). 
Seule ONG française à avoir participé à la relecture de ce nouveau rapport majeur, la POC présente aujourd’hui « Océan et Changement Climatique : Les nouveaux défis. », un livret décryptant 6 grands thèmes abordés dans ce rapport : réchauffement, fonte des glaces, montée du niveau des eaux, événements extrêmes, et désoxygénation. 

Un Océan en bonne santé, c’est un climat protégé, et la bonne compréhension de ces liens de cause à effet conditionne aujourd’hui notre évolution vers un monde durable, et respectueux du vivant dans son ensemble.
• Les fiches Diffusion des Connaissances : Lien à venir
• Les fiches scientifiques : Lien à venir

L’IO et la POC : membre fondateur de la POC, l’IO est au Conseil d’administration et participe à l’élaboration des contenus.

Les composants clés des systèmes océaniques et de la cryosphère et leur évolution dans le contexte du changement climatique. Source : IPCC, SROCC, 2019, Chapitre 1.

VALERIE MASSON-DELMOTTE : COMPRENDRE CE RAPPORT

Experte du climat et Co-Présidente d’un gruope de travail du GIEC, membre du Conseil d’administration de l’Institut océanographique, Valérie Masson-Delmotte explique les liens entre océan et climat…

Office for Climate Education (OCE)

Créé en 2018, l’Office for Climate Education (OCE) a pour but d’organiser une forte coopération internationale entre organismes scientifiques, ONG et institutions éducatives pour éduquer les générations présentes et futures au changement climatique.

Voici des ressources produites par l’OCE pour aller plus loin dans la compréhension du rapport :

• Un guide pédagogique et des ressources sur Océan et Climat à destination des enseignants du primaire et du secondaire. Lien à venir
• Résumé à destination des enseignants : Pourquoi produire un rapport sur 1,5°C de réchauffement ?
• Ressources pour la formation sur l’Océan et le Climat.
• Ressources pour la formation sur l’effet de serre : s’adresse prioritairement aux formateurs d’enseignants.
L’institut océanographique souhaite valoriser par des actions de communication les outils de l’OCE produits en lien avec Océan et Changement climatique.

Ils l'ont dit...

Produits de la mer durables

Une formation au Mirazur

Mauro Colagreco, un chef engagé dans le meilleur restaurant au monde

Une formation sur la consommation durable des produits de la mer a été réalisée par Pierre Gilles, Chargé de projet à l’Institut océanographique et Auriane Pertuisot, Chargée des projets marins à la Fondation Prince Albert II de Monaco. Cette formation s’adressait à 25 des membres de l’équipe du célèbre restaurant le Mirazur, à Menton.

Un programme riche

Au programme de l’intervention, la présentation de la situation de l’état des ressources marines mondiales, l’écoresponsabilité en matière de consommation des produits marins, ainsi que la présentation du label Mr. GoodFish, certifiant les produits responsables, un programme soutenu et porté sur la façade méditerranéenne française et monégasque par la Fondation Prince Albert II.

Cette intervention rentrait dans le cadre de la formation que l’équipe du Mirazur suit tout au long de l’année en particulier dans le domaine des pratiques responsables.

Plus de 25 membres de l’équipe du Mirazur étaient présents, dont Laura Colagreco et Luca, le second de cuisine, ainsi de nombreux jeunes en poste ou en formation.
Bravo au Mirazur pour sa démarche environnementale, ainsi que pour son année très faste, puisque l’établissement a reçu cette année une 3e étoile au Guide Michelin et a été classé « Meilleur Restaurant au Monde » selon The World’s 50 Best Restaurants 2019 !

Voir aussi

A l’occasion des célébrations du Centenaire de l’Union Géodésique et Géophysique Internationale, au siège de l’UNESCO à Paris, S.A.S. le Prince Albert II, invité d’honneur, s’est vu décerner le statut de Membre d’Honneur et a, à cette occasion, prononcé un discours.

S.A.S. le Prince Albert II de Monaco

Discours sur l'Océan
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Assemblée générale des Nations Unies - 24 sept. 2019

la principauté engagée sur le climat

Le Gouvernement de Monaco est engagé sur la voie de la neutralité carbone et se donne les moyens d’y parvenir, a déclaré le Prince Albert II à l’Assemblée générale des Nations-Unies. Dans son discours, le Souverain a également mis l’accent sur le rôle des forêts et plus encore sur celui de l’océan. Monaco a « historiquement fait le choix de soutenir la science », a-t-il ajouté.

Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, loin d’être des crises isolées, sont deux symptômes alarmants de l’Antrhopocène auxquels il convient de répondre en synergie.

- Paris, siège de l'UNESCO - 29 Juillet 2019

Centenaire de l'Union Géodesique et Géophysique Internationale

L’ardente nécessité de la protection de l’océan a succédé au temps de la découverte et de la connaissance des mers, qui était celui de mon trisaïeul.

Monaco s’efforce de continuer à suivre son testament et à faire fructifier son héritage, en actualisant son message.

Au travers de ses propres initiatives comme en proposant à ses partenaires de relayer et d’amplifier leurs propres actions, la Principauté s’efforce d’être une « voix de l’océan »…

- Monaco Blue Initiative, 25 mars 2019

ouverture de la MBI #10

Il y a une phrase du grand historien Jules Michelet qui me vient souvent à l’esprit lorsque je pénètre dans ce Musée océanographique, qui est là au bord de la Méditerranée.

« C’est par la mer qu’il convient de commencer toute géographie ».

Nous savons aussi que c’est par la mer qu’il convient de commencer toute histoire, car nous savons que nous sommes nés de l’océan et que nos civilisations sont nées de cette mer.

Mais c’est aussi par la mer, de plus en plus, qu’il convient de commencer toute économie.

Ce sera de plus en plus par la mer, j’en suis sûr, qu’il conviendra de commencer toute politique, toute morale et toute philosophie.

- Monaco, Musée océanographique, 16 avril 2019

Réunion des centres européens d'océanographie

Je pense qu’il est nécessaire, comme vous l’avez dit, de développer une meilleure compréhension du grand public [sur les questions des sciences de l’océan]. Les gens apprécient les informations qui racontent une histoire, et si nous pouvons attirer leur attention sur les différentes façons de raconter cette histoire, et d’une façon plus engageante, je pense que ce serait certainement utile.

 

Ecouter le discours enregistré en anglais.

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- New York, siège de l'ONU, Juin 2017

Discours sur les Objectifs de Développement Durable pour l'Océan

Au moment où la communauté internationale se penche sur les océans et énonce le principe d’une responsabilité collective essentielle à leur égard, je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase prêtée à Aristote et que nous connaissons tous : « Il y a 3 sortes d’Hommes : les morts, les vivants et ceux qui vont sur les mers ».Cette phrase résume en effet la situation de nos mers qui trop longtemps ont semblé échapper aux lois communes de l’Humanité.

- Marrakesh, 12 novembre 2016

Réunion de la COP 22 - Marrakesh

Puisque le monde est désormais prêt à se préoccuper des mers, à inventer une nouvelle manière de vivre avec elles, il est de notre devoir de lui proposer des solutions concrètes, utiles et efficaces, qui seules permettront de les préserver, et de préserver ainsi leur indispensable capacité d’atténuation du changement climatique.

A VOIR EGALEMENT

Discours de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, à l’occasion de la 74e session du comité de la protection du milieu marin, Londres – 13 au 17 mai 2019, Organisation Maritime Internationale.

Discours de S.A.S. le Prince ALbert II de Monaco, adressé à la Directrice générale de l’UNESCO lors de la Première Réunion de Planification de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable  

La prochaine édition du Forum des Métiers de la Mer aura lieu le samedi 7 décembre prochain, à la Maison des Océans, 195 rue St Jacques (RER Luxembourg) à Paris. Venez rencontrer des experts dans les différentes orientations professionnelles du milieu marin…

Le snapper club

Une semaine à l'écoute des océans

Vos enfants vous bombardent de question sur la mer ? Inscrivez-les vite au Snapper Club pour leur offrir un voyage au cœur des océans.

De quoi s’agit-il ? D’un stage d’une semaine organisé pendant les vacances scolaires au cœur du Musée océanographique. Son but : sensibiliser les plus jeunes aux océans et à leurs secrets.

PETITS STAGIAIRES VIP

Imaginé pour faire découvrir l’univers marin aux enfants de huit à douze ans, le Snapper Club les accueille toute une semaine dans le cadre magique du Musée océanographique. Entourés par une équipe pédagogique, ces jeunes explorateurs participent ainsi, de 9h à 17h pendant cinq jours, à des jeux et activités multiples centrés sur les océans et les animaux qui les peuplent. L’occasion d’éveiller leur curiosité, de renforcer leur soif de découverte et de faire naître de futures passions et vocations.

COMME LES EXPLORATEURS

Pour favoriser une approche ludique, l’observation et la manipulation sont privilégiées. Dans la peau des aquariologistes, vos enfants jouent ainsi aux apprentis scientifiques : ils prélèvent des animaux microscopiques dans les bassins, nourrissent les tortues sur la terrasse panoramique, découvrent la magie du monde des récifs coralliens ou plongent dans leur imaginaire pour rédiger un conte sur les océans.

Snapper Club

Conditions et tarifs
300€ par enfant, pour la semaine, repas et collations compris
  • Tous les jours de la semaine, 9h-17h
  • 8 / 12 ans
  • Vacances scolaires d'été
Places limitées

TESTÉ ET APPROUVÉ

Les mieux placés pour en parler ? Ce sont les enfants eux-mêmes, bien sûr. Comme Arthur, par exemple : « J’ai vraiment aimé nourrir les requins, et c’était très bien aussi de pouvoir interviewer des explorateurs. Les animatrices étaient très sympas également. J’espère que je pourrai revenir un jour. » Ou bien encore Maëlle « C’était trop bien. Je me suis fait beaucoup d’amis et j’ai adoré nourrir les tortues. » Léo confirme : « Ah oui, c’était très bien ! Voir les requins, les poissons, les tortues, leur donner à manger… J’ai vraiment tout aimé dans ce stage ! »

Ils en parlent !

J'ai bien aimé nourrir les requins. Les animatrices étaient très sympathiques... et j'espère que je pourrai revenir un jour !

Arthur,
Snapper 2018

C'était trop bien, j'ai adoré nourrir les tortues et j'ai adoré aussi me faire beaucoup d'amis.

Maëlle
Snapper 2018

Mon meilleur souvenir du Snapper Club c'est... Ben j'en n'ai pas trop, j'aime bien tout. J'aime tout en fait...

Emie
Snapper 2018

Voir aussi

Crépuscule sur la nature

Le 6 mai dernier, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) rendait un rapport alarmant sur l’état mondial de la biodiversité…

En 2011 s’ouvrait la décennie des Nations Unies pour la biodiversité, avec des objectifs ambitieux d’amélioration pour 2020. A un an de la fin de cette décennie, qui se souvient de son existence ? Qui peut se réjouir des succès enregistrés ?

La préservation de 10% de l’océan par des Aires Marines Protégées ne sera pas atteinte. Pourtant c’est certainement dans ce domaine que la plus belle progression de la décade a été observée. Car pour le reste, l’évaluation coordonnée par 149 experts internationaux de l’IPBES de la biodiversité et des services écosystémiques est particulièrement cruelle. Ce travail, validé à l’unanimité par les représentants de 110 pays, ne saurait être critiqué pour son manque de sérieux. Et, si l’on en croit l’expérience du GIEC qui est le modèle de l’IPBES avec 20 ans d’avance, les rapports successifs gagnent en précision mais jamais en optimisme.

L’océan n’est pas épargné

En 1950 encore, Rachel Carson écrivait dans Cette mer qui nous entoure « [L’Homme] ne peut ni dominer, ni modifier les océans comme il a pu réduire et piller les continents au cours d’une occupation pourtant brève encore. » Aujourd’hui, si 75% des milieux terrestres sont « altérés de façon significative », 66% des milieux marins sont eux soumis à « de plus en plus d’effets cumulatifs ».

A terre, la consommation d’espaces naturels et la fragmentation de ceux-ci sont les causes prépondérantes de l’érosion de la biodiversité, et réduisent les marges d’adaptation au changement climatique. En mer, les poissons gardent la possibilité de migrer pour échapper au réchauffement continu de l’océan. Les poissons osseux semblent donc les moins vulnérables aujourd’hui.

Pour autant, la surpêche reste massive à l’échelle de l’océan et ne fait qu’empirer. Un tiers de stocks sont aujourd’hui exploités au-delà du renouvellement naturel, ce qui « mange le capital » naturel.

La pêche fait aujourd’hui partie des activités les plus mondialisées. Au fil de l’épuisement des stocks, la pêche industrielle, soutenue par des subventions insoutenables, s’est éloignée des centres de consommation, jusqu’à la haute mer, aux grands fonds et aux pôles.

INÉGALITÉS ET CONFLITS

La pêche artisanale, qui fait vivre 90% des pêcheurs du monde avec seulement une moitié des prises, se pratique largement dans la bande tropicale. Or, au-delà de la surpêche, celle-ci est doublement victime du changement climatique : les poissons quittent cette zone devenue trop chaude pour migrer vers les régions tempérées, et les récifs coralliens sont en première ligne des « coups de chaleur ». Le surface de récifs a réduit de moitié depuis 1870 et la diversité spécifique s’érode rapidement : 33% des espèces de corail sont aujourd’hui menacées. Or, c’est justement cette diversité qui crée la complexité géométrique des récifs qui permet la reproduction et la croissance des poissons.

Voilà un exemple criant des injustices de la biodiversité : les pays tempérés, qui ont été les premiers à dépasser les limites de la pêche et des émissions de CO2, pourraient être gagnants dans le désordre à venir !

De même, alors que la biodiversité régresse moins vite dans les zones gérées par des communautés indigènes, la nouvelle course aux ressources accroît fortement la pression sur ces dernières, promettant un désastre autant social qu’environnemental.

Le rapport de l’IPBES analyse d’ailleurs le caractère très injuste de l’érosion de la biodiversité, alors que la consommation de certaines parties du monde dégrade l’environnement à distance. Il souligne aussi que ces inégalités « alimentent l’instabilité sociale et les conflits », alors que « plus de 2500 conflits en cours » sont liés à l’accès à certaines ressources.

On ne peut dès lors que saluer l’intention affichée par la France de consacrer le G7 environnement qui s’est achevé le 6 mai dernier à « lutter contre les inégalités en protégeant la biodiversité et le climat ». Reste à parvenir aux actes, dans un contexte international aujourd’hui peu favorable à un tel engagement collectif.

En matière de biodiversité comme en matière de climat, nul doute que notre planète a connu bien pire situation au cours des derniers millions d’années mais, comme le souligne le rapport de l’IPBES, la dégradation n’a jamais été aussi rapide depuis l’émergence de l’espèce humaine. Quant aux variations que l’Homme a précédemment connues, elles ont touché quelques millions d’individus et non une dizaine de milliards. Et à l’époque, les frontières n’existaient pas. L’Homme sera-t-il pris à son propre morcellement ?

Accélérer, mais dans quelle direction ?

C’est vrai, la société humaine n’a jamais été aussi développée ni aussi rapide dans son évolution. Le rapport de l’IPBES a fait le tour du monde en l’espace des quelques heures. Chacun peut prendre la mesure de la situation et inventer des solutions.

Pourtant, comme l’informatique n’a pas supprimé le papier ni les télécommunications les déplacements aériens, l’évolution technologique de la société n’a pas jusqu’ici été dans le sens d’un ralentissement de l’érosion de la biodiversité. Bien au contraire. L’augmentation du niveau de vie s’est accompagnée d’une hausse de la consommation de ressources qui s’ajoute à l’accroissement rapide de la population. La consommation individuelle de produits de la mer a doublé sur les cinquante dernières années, dans la course mondiale aux protéines animales.

« La technologie » ne saurait donc en soi être une réponse et notre histoire depuis au moins deux siècles va plutôt dans le sens d’une consolidation, d’une cristallisation d’un modèle de consommation effrénée qui érode les « fondamentaux » de notre planète, ces services que l’IPBES a mis en lumière : si la surpêche généralisée a conduit les quantités pêchées à décliner doucement depuis deux décennies, la disparition des insectes pollinisateurs affectera bientôt les cultures agricoles.

L’IPBES prône un « changement transformateur » rapide et à toutes les échelles simultanément, du local au mondial. Mais, pour recueillir l’unanimité nécessaire à l’approbation du rapport, il se garde bien de préciser les solutions qui composeront ce changement d’ensemble. Et la préservation de la biodiversité est un défi encore bien plus complexe que le changement climatique qui n’en est qu’une composante…

CHANGER LE MONDE

L’IPBES explicite « Par changement transformateur, on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs. »

Tout en rassemblant une vaste boite à outils des outils d’intervention identifiés, l’IPBES insiste sur la profondeur du changement nécessaire : « Alors que les structures actuelles détournent souvent du développement durable et sont les mécanismes indirects de l’érosion de la biodiversité, un changement profond, structurel, est nécessaire. Par nature, un changement transformateur rencontrera l’opposition de ceux qui ont intérêt au statuquo, mais cette opposition peut être surmontée dans l’intérêt général. »

Dès lors, c’est à la refonte des signaux qui régissent notre société qu’il faut s’attaquer, par les « incitations à la responsabilité environnementale et l’élimination des incitations nocives ».

Pour reprendre le slogan de la sécurité routière, nous sommes « Tous responsables ». Mais qui est prêt à lever le pied, quel gouvernement est prêt à mettre en place des radars alors que savons que fonçons tous dans le mur à vive allure ?

Voir aussi