La Méditerranée est source de rêves, d'émerveillement, de légendes, et de création. Tous ces visages complémentaires sont abordés à travers notre exposition « Méditerranée », avec un programme varié invitant à mieux comprendre, aimer et protéger ce milieu naturel fragile qui subit, de la part de l'Homme, une forte pression et de trop nombreuses atteintes.
En invitant le Pr. Henry de Lumley, Directeur de l'Institut de Paléontologie Humaine à s'exprimer au Musée océanographique, nous emmenons le visiteur à travers le temps, à suivre l'évolution du littoral méditerranéen depuis un million d'années.
La conférence : De tout temps, les hommes ont été tributaires du climat, que ce soit pour la chasse, les cultures, l'élevage, les déplacements, l'occupation du sol, mais aussi pour leur survie face aux grands bouleversements naturels (inondations, sécheresses, variations thermiques...).
Au cours du Quaternaire, période à laquelle nous appartenons, glaciations et réchauffements climatiques se succèdent.
Les découvertes réalisées par le Pr. de Lumley et son équipe, au cours des fouilles de sites préhistoriques méditerranéens, ont alimenté la connaissance de l'évolution de la faune et de la flore liée aux variations climatiques depuis un million d'années ainsi que celle, toujours renouvelée, des cultures et des modes de vie de nos lointains ancêtres. Après les occupations humaines anciennes de la grotte du Vallonnet à Roquebrune Cap-Martin et de la Caune de l'Arago à Tautavel, ce sont les chasseurs d'éléphants de Terra Amata à Nice, il y a 380 000 ans, qui seront évoqués.
A la fin de la dernière glaciation, les Alpes deviennent un lieu de passage et livrent les exemples les plus marquants de l'emprise de l'homme sur son environnement, selon les grands cycles de la nature. C'est à cette époque de l'âge du Cuivre et du Bronze ancien (3300 à 1800 av J.C.) qu'il grave les roches de la région du mont Bego de nombreux signes, véritables pictogrammes et témoignages fascinants du rapport entre l'homme et son milieu.
Biographie
Le Professeur Henry de Lumley a étudié les industries du Paléolithique inférieur et moyen du sud-est de la France. Dans ce cadre, il a organisé de grands chantiers de fouilles préhistoriques dans la grotte du Vallonnet, à Roquebrune-Cap-Martin (1,05 à 1 Ma), dans la Caune de l'Arago à Tautavel (600 000 à 100 000 ans), sur le site de Terra Amata à Nice (400 000 et 380 000 ans), à la Baume Bonne à Quinson (de 500 000 ans à l'actuel), dans la grotte de l'Hortus à Valflaunès près de Montpellier (60 000 à 35 000 ans). Au cours de ces fouilles, 127 restes humains d'Homo heidelbergensis ont été mis au jour dans la Caune de l'Arago à Tautavel et 120 restes de Néandertaliens dans la grotte de l'Hortus.
Ces découvertes ont donné lieu à la création de musées à proximité des différents sites préhistoriques comme à Nice (Musée de paléontologie humaine de Terra Amata), à Tautavel (Musée de Préhistoire et Centre européen de recherches préhistoriques) et à Quinson (Musée de la Préhistoire des gorges du Verdon).
Des chantiers de fouille ont également été organisés ailleurs dans le monde comme en Afrique (Fejej en Ethiopie, El Beyed en Mauritanie) et en Chine (Yunxian).
L'ensemble de ces recherches a fait l'objet de nombreuses publications (revues scientifiques et monographies) et présentations dans des congrès internationaux dont certains ont été organisés par Henry de Lumley (Congrès de l'UISPP à Nice en 1976,
Colloque sur les cultures à biface à Tautavel en 2007 ou encore celui sur les premiers peuplements préhistoriques organisé à l’Institut de Paléonthologie Humaine en 2010). Une conférence organisée avec la collaboration de l'Institut de Paléontologie Humaine, Fondation Albert Ier Prince de Monaco.