CONSERVATOIRE MONDIAL DU CORAIL

Atoll d’Aldabra, vue aérienne © Adam Plezer/Seychelles Islands Foundation

Corail, un trésor à préserver

Véritables oasis de vie, les récifs coralliens, qui couvrent à peine 0,2 % des océans, abritent 30 % de la biodiversité marine.
Les récifs coralliens abritent entre 1 et 4 millions d’espèces, dont beaucoup restent encore à découvrir. Il existe à l’heure actuelle près de 1600 espèces de coraux durs et mous à travers le monde, dont près de 850 espèces de coraux constructeurs de récifs. Plus de 600 millions de personnes dans le monde dépendent directement des services écosystémiques des récifs coralliens.
Les récifs coralliens et les mangroves forment une barrière naturelle contre la houle, les tempêtes et les tsunamis. Ces écosystèmes préservent la côte de l’érosion littorale.
Les récifs coralliens sont des viviers de ressources médicales : la probabilité d’y trouver de nouvelles molécules utiles est 300 à 400 fois plus élevée que dans des écosystèmes terrestres.

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Un Conservatoire mondial du corail

L’adaptation thermique des coraux est estimée à environ 0,4°C par décennie. Ce rythme est malheureusement insuffisant, et de nombreuses espèces de coraux sont amenées à disparaitre dans les décennies à venir.

Face à cette urgence, le Centre Scientifique de Monaco (CSM) et l’Institut Océanographique de Monaco ont décidé de créer un Conservatoire Mondial du Corail.

L’objectif principal de ce Conservatoire est de mobiliser la communauté internationale des aquariums publics afin d’y maintenir la plus grande diversité possible d’espèces de coraux et ainsi éviter leur disparition.

A terme, le Conservatoire Mondial du Corail pourrait ainsi héberger jusqu’à 1000 espèces, soit environ deux tiers des espèces de coraux présents sur la planète.

Cette ‘Arche de Noé’ des coraux ne peut être réalisable que grâce à l’expertise unique de la communauté des aquariums publics en matière de culture des coraux, et les installations dont ils disposent. Cette expérience, dont l’Institut Océanographique a été l’un des pionniers, est acquise
depuis plus de vingt ans et permettra d’assurer le maintien et la propagation des espèces collectées pour le Conservatoire.

Les partenaires du Conservatoire Mondial du Corail s’engagent ainsi activement dans la préservation des récifs coralliens. Les colonies maintenues dans les différentes structures seront multipliées par bouturage, de façon à pouvoir réintroduire ces espèces dans le milieu naturel si cela s’avère possible et nécessaire, sous contrôle scientifique.

Le Conservatoire Mondial du Corail intègre également plusieurs organismes scientifiques, et s’inscrit dans un réseau international agissant en faveur de la conservation des coraux. Ces partenariats permettront de mener des études sur l’évolution assistée des coraux, afin de les aider à mieux faire face au changement climatique.

Récifs en danger

Les conclusions des experts du GIEC dans leur rapport spécial Océan & Cryosphère, dévoilé en septembre 2019 à l’Institut Océanographique de Monaco, sont implacables : le rythme du réchauffement de l’océan a plus que doublé depuis 1993. Ce n’est qu’un début, les vagues de chaleur qui accompagnent le réchauffement de notre planète vont encore se multiplier.

Les coraux sont sensibles aux fluctuations de la température de l’océan et aux fortes températures. 

De nombreuses espèces sont proches de leur seuil maximal de tolérance thermique. Une exposition prolongée des coraux à des températures océaniques de +1, voire +2°C est susceptible d’entraîner un stress thermique du corail et de ses zooxanthelles. La mort et l’expulsion des microalgues se manifestent par un phénomène de blanchissement corallien à grande échelle. Le squelette calcaire du corail devient alors visible. Si les températures élevées se prolongent, le corail meurt.

L’acidification de l’océan, liée à l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, limite la calcification des coraux. En trente ans, le taux de calcification des coraux aurait déjà été réduit de 40%. 

La pollution, le tourisme, la surpêche, les espèces exotiques envahissantes sont autant de pressions qui s’ajoutent aux menaces majeures que constituent le réchauffement et l’acidification de l’océan.

Le rapport spécial Océan et Cryosphère du GIEC précise que si le réchauffement climatique est limité à 1,5°C, 70 à 90% des récifs coralliens disparaitront d’ici la fin du 21è siècle. Si le réchauffement atteint ou dépasse 2°C, ce sont 99% des récifs coralliens qui disparaitront.

A Monaco, l’engagement en faveur des coraux date de plusieurs décennies

Les acteurs impliqués dans la connaissance et la protection des océans (Institut océanographique, Centre Scientifique de Monaco, Fondation Prince Albert II de Monaco, Explorations de Monaco) alertent et oeuvrent pour la survie des récifs coralliens. Action politique et mobilisation des acteurs internationaux, recherche scientifique, financement de projets d’ONG… L’avenir des récifs coralliens dépend de la conjonction de différentes formes et échelles d’action, et l’Equipe Monaco s’investit sur tous les fronts. Le Gouvernement monégasque et la Fondation Prince Albert II de Monaco ont soutenu en 2015, sous l’impulsion du Prince Souverain, la réalisation d’un rapport spécial du GIEC sur l’Océan qui explicite les lourdes répercussions du réchauffement climatique et de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
La Principauté a coprésidé l’ICRI (l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens) avec l’Australie et l’Indonésie de 2018 à octobre 2021, supervisant un plan d’action reflétant cette nécessité de diversifier les actions d’adaptation, tout en réduisant les menaces qui pèsent sur les récifs coralliens tant à l’échelle mondiale que régionale, en contrôlant mieux le commerce des poissons de récif vivants, en développant des mécanismes de financement innovants, en améliorant la coopération technique et scientifique.

Première étape lors de la mission océan indien des explorations de Monaco 

CONSERVATOIRE MONDIAL DU CORAIL : UNE DÉLICATE OPÉRATION DE PRÉLÈVEMENT DE COLONIES DE CORAUX VIVANTES À ALDABRA L’Institut océanographique et le Centre Scientifique de Monaco, tous deux initiateurs du projet de Conservatoire mondial du corail, ont prévu au cours de la mission une opération de prélèvements de colonies vivantes de coraux à Aldabra. Ces colonies viendront enrichir et compléter la liste des espèces déjà conservées au sein des aquariums du monde entier. Pour ce premier cycle de collecte, des espèces de coraux présentant certaines caractéristiques seront ciblées : coraux menacés, coraux résistants, espèces faciles à cultiver et à propager, espèces endémiques.

Récif d’Aldabra, vue sous-marine. Seychelles © Seychelles Islands Foundation

58 colonies de coraux ont ainsi été prélevées puis envoyées à un réseau d’aquariums parmi lesquels Oceanopolis, Burgers’Zoo, Nausicaa et le Musée océanographique.

4 types d’opérations ce sont déroulées lors de la mission :

Une opération de prélèvement de colonies en mer : pour chaque espèce, 4 colonies seront collectées puis envoyées dans 5 structures différentes, afin de maximiser les chances de survie de chacune de ces 4 espèces au sein du Conservatoire. Ces colonies auront été au préalable repérées et choisies en plongée.
Une opération de marquage et de conditionnement des colonies vivantes : les coraux récoltés seront étiquetés, identifiés et immédiatement conservés dans des cuves de stockage bénéficiant d’une arrivée d’eau de mer, d’aération et d’éclairage, naturel ou artificiel selon la configuration. 

Une opération d’échantillonnage pour la recherche : à partir de chaque colonie obtenue, des échantillons pour la recherche seront prélevés pour différents types d’analyses, notamment un séquençage ADN.

• Une opération de transport : le transport des colonies se fait via l’aéroport international le plus proche de la structure, ou vers une structure relais la plus proche possible de la destination finale.

Les fondateurs du conservatoire mondial du corail

Les aquariums partenaires du conservatoire mondial du corail