Monaco, base internationale

Le collectif d’institutions monégasques fédérées autour de l’engagement environnemental de S.A.S. le Prince Albert II n’est pas seul à agir en faveur de la protection de l’océan depuis Monaco. 

La Principauté accueille également des organismes internationaux qui s’y sont établis depuis plus d’un siècle avec le soutien des Princes.

Albert Ier : le temps de l’exploration

Le prince Albert Ier a contribué à la création de deux institutions internationales liées à l’océan, dont les sièges ont été établis à Monaco à son invitation, et le sont restés ensuite avec le soutien actif de ses successeurs.

La Commission internationale pour l’exploration scientifique de la Méditerranée (CIESM) , tout d’abord : créée en 1919 pour promouvoir la recherche internationale en mer Méditerranée et en mer Noire, elle constituait alors l’une des toutes premières organisations internationales au monde. Présidée par S.A.S. le Prince Albert II, l’organisation regroupe aujourd’hui 23 États membres. Elle s’appuie sur les travaux scientifiques de six comités thématiques, coordonnés par un secrétariat général. La CIESM joue un rôle central dans l’échange d’idées, la communication d’informations scientifiques, l’élaboration de normes dans toute la zone concernée et la surveillance régionale des indicateurs sensibles du changement.

À la fin de son règne, le « prince explorateur » a également contribué en 1921à la création de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) , dont il a proposé d’accueillir le siège en Principauté. L’OHI est une organisation intergouvernementale consultative et technique destinée à promouvoir la sécurité de la navigation et la protection du milieu marin. Son but est d’assurer la coordination des activités des services hydrographiques nationaux, la plus grande uniformité possible dans les cartes et documents nautiques, l’adoption de méthodes sûres et efficaces pour l’exécution et l’exploitation des levés hydrographiques, ainsi que le progrès des sciences relatives à l’hydrographie et des techniques utilisées pour les levés océanographiques.

Rainier III : les accords de protection

Dans la continuité des actions de son aïeul, le Prince Rainier III s’est investi en faveur d’une meilleure connaissance de l’océan, mais il a aussi activement contribué à l’élaboration des premiers dispositifs internationaux de protection du monde marin.

Dès 1970, lors de l’assemblée plénière de la CIESM, il a ainsi fait part de sa volonté de mettre en place une zone pilote qui constituerait un laboratoire d’idées en matière de protection de l’environnement. Cette initiative s’est concrétisée en 1976 par la signature officielle de l’Accord RAMOGE, qui doit son nom aux premières syllabes des trois villes qui limitaient alors sa zone de compétence : Saint-Raphaël à l’ouest, Monaco et Gênes à l’est. L’Accord RAMOGE symbolise une nouvelle approche de préservation du milieu marin. Le secrétariat permanent de la Commission RAMOGE est en outre assuré par les services du Gouvernement de la Principauté de Monaco.

Trente ans plus tard, Rainier III a également contribué à un autre accord majeur en Méditerranée, pour la protection des cétacés : l’Accord Pelagos. Signé à Rome le 25 novembre 1999 par la Principauté de Monaco (dépositaire), la France et l’Italie, ce traité a permis la création d’un sanctuaire pour les mammifères marins dans un espace maritime de 87 500 km² en Méditerranée. Il est entré en vigueur le 21 février 2002 avec pour objectif d’instaurer des actions concertées et harmonisées entre les trois pays pour la protection des cétacés et de leur habitat contre toutes les causes de perturbations : pollutions, bruit, captures et blessures accidentelles, perturbations dans leur environnement, etc.

À l’initiative de S.A.S. le Prince Albert II, le secrétariat permanent de l’Accord Pelagos a été installé en Principauté en vertu d’un accord de siège signé le 3 avril 2017.

En parallèle et en complément de l’Accord Pelagos, une autre convention pour la protection des mammifères marins a été signée le 24 novembre 1996, avec une assise géographique plus vaste : l’Accord sur la conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente (ACCOBAMS) . Rainier III fut l’un des artisans de cet accord entré en vigueur le 1er juin 2001, et c’est à son initiative que le secrétariat permanent de l’ACCOBAMS a lui aussi été établi à Monaco. Sont concernées toutes les eaux maritimes de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente située à l’ouest du détroit de Gibraltar. Cette zone géographique inclut donc le Sanctuaire Pelagos. En plus des pays riverains de cette zone, l’originalité de cet accord est d’inclure également dans son application les pays non riverains dont les navires exercent, dans la zone, des activités susceptibles de porter atteinte aux cétacés.

Enfin, n’oublions pas l’action décisive de Rainier III en réponse aux essais nucléaires organisés après la Seconde Guerre mondiale : en 1959, avec une clairvoyance remarquable, il accueillit la première conférence scientifique mondiale sur le stockage définitif des déchets radioactifs sur terre et en mer. Deux ans plus tard, avec l’appui du gouvernement monégasque, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) établissait le Laboratoire international de radioactivité marine pour promouvoir la connaissance du comportement des radionucléides dans les mers et l’utilisation des techniques nucléaires et isotopiques dans la protection de l’environnement marin. Dès 1961, ce laboratoire a été hébergé au sein du Musée océanographique de Monaco. En 1998, ses locaux permanents ont été installés sur le port de la Principauté.

S.A.S. le Prince Albert II : l’enjeu de la préservation

Aujourd’hui, sur les traces de Son père Rainier III et de Son trisaïeul Albert Ier, S.A.S. le Prince Albert II mène à Son tour une action exemplaire en faveur de la protection de l’océan. En plus d’incarner et de fédérer l’action de Monaco et de ses institutions en la matière , Il contribue à la définition et la mise en place de solutions concrètes visant à préserver le milieu marin.

Cela passe notamment par le développement des Aires marines protégées (AMP), et l’organisation de leur financement. À cet effet, l’Association pour le financement durable des Aires marines protégées de Méditerranée (M2PA) a été créée en 2015 à l’initiative de la Principauté de Monaco, de la France, de la Tunisie et de la Fondation Prince Albert II de Monaco. Elle intervient en complément et en coordination avec les dispositifs déjà en vigueur, contribue à la mise en œuvre des stratégies relatives aux AMP, renforce les AMP existantes, mobilise des financements additionnels, favorise des financements pérennes, etc. Cette association de droit monégasque a depuis été rejointe par le Maroc, l’Albanie et quatre organisations régionales.
Elle a déjà recueilli des contributions financières du Gouvernement de la Principauté de Monaco et, plus récemment, de nouveaux donateurs tels que la Fondation Leonardo di Caprio, le Zoo de Bâle et le Musée Océanographique de Monaco.

À travers Sa fondation, S.A.S. le Prince Albert II s’est également investi dans la création de l’Association monégasque sur l’acidification des océans (AMAO) en 2013. Cette association a pour objectifs de communiquer, promouvoir et faciliter des actions internationales contre l’acidification des océans et autres facteurs de stress globaux subis par l’environnement marin.

L’acidification des océans est l’une des conséquences majeures de l’augmentation du niveau de gaz carbonique dans l’atmosphère. Depuis la déclaration de Monaco sur l’acidification des océans signée par 150 scientifiques de 26 pays en 2008, S.A.S. le Prince Albert II et Sa Fondation sont très actifs sur cette thématique cruciale, abordée notamment lors de COP 21 (Paris 2015). À leurs côtés, l’Institut océanographique, le Centre scientifique de Monaco (CSM) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont aussi membres de l’association. L’AMAO fait également partie de la Plateforme Océan & Climat, un réseau international multi-acteurs créé le 10 juin 2014 à l’occasion de la Journée mondiale des océans avec l’appui de la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO.

Voir aussi

Editions_Meduses

Éditions

Mapping_Buyle

Explorations de Monaco

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